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ASSOCIATION ORLÉANAISE GUILLAUME-BUDÉ

 



NOS CONFÉRENCIERS PUBLIENT…

 

 


Vincent Berthelier, Anaïs Goudmand, Mathilde Roussigné, Laelia Véron

APPROCHES MATÉRIALISTES DU RÉALISME EN LITTÉRATURE

Presses Universitaires de Vincennes, collection L'Imaginaire du Texte, juin 2021, 224 p., 21 €

• • Laelia Véron, maîtresse de conférences à l'Université d'Orléans, est l'auteur d'un "podcast" qu'elle a réalisé avec Pierre-Alain Caltot, membre de notre Bureau, sur le thème : "Les langues mortes sont-elle vivantes ?". En septembre 2020, en partenariat avec les "Voix d'Orléans" et notre association "Guillaume-Budé", elle a animé un atelier du CDNO sur le thème "Les mots de la crise. Dire l'événement".

Que désigne le réalisme ou plutôt les réalismes en littérature ? Appliqué à un moment précis de l'histoire littéraire ou à une intention de représentation fidèle de la réalité, il apparaît depuis le XIXe siècle comme une notion aussi intuitive que complexe.
Les articles de ce volume "Approches matérialistes du réalisme en littérature" reviennent sur les différentes théories du réalisme en littérature, du réalisme socialiste à la théorie anglo-saxonne de la littérature-monde, en passant par l'école de Francfort et la sociocritique.
Interroger ces différentes approches du réalisme, c'est réaffirmer la justesse de ce concept tout en justifiant une approche résolument matérialiste : il s'avère en effet impossible de conceptualiser de façon opérante le réalisme sans conjointement prendre en compte un monde social à partir duquel la littérature est écrite et pensée.
L'ouvrage se propose de tenter de cerner ses usages non pas dans toutes ses réalisations médiatiques, mais dans le domaine littéraire: que désigne le réalisme ou plutôt les réalismes en littérature ?... 


Pascal CHARVET, Arnaud ZUCKER, Sydney AUFRÈRE et Jean-Marie KOWALSKI

LE QUARTETTE D'ALEXANDRIE : HÉRODOTE, DIODORE, STRABON, CHÉRÉMON


Éditions "Bouquins", 33 €

• • Arnaud Zucker nous a présenté L'Encyclopédie du ciel en novembre 2016. Pascal Charvet nous a parlé d'Alexandre le Grand en novembre 2016 et des Langues anciennes comme un avenir à construire en mars 2019.

Sous ce titre emprunté à Lawrence Durrel, Le Quartette d'Alexandrie, nos quatre auteurs ont voulu mettre en lumière les relations qu'ont entretenues, dans l'Antiquité, les Gréco-Romains avec les Égyptiens. Leur ouvrage rassemble d'abord, dans une traduction nouvelle, les textes sur l'Égypte de trois auteurs de langue grecque qui parlent de ce qu'ils ont vu lors de leur séjour dans ce pays : Hérodote d'Halicarnasse vers -450 (Histoires, livres II et III), Diodore de Sicile vers -60  (Bibliothèque historique, livre I), Strabon d'Amasée en -26 (Géographie, livre XVII).
Mais, pour donner en quelque sorte un « droit de réponse » aux Égyptiens – en rendant sa juste place à la vision qu'ils avaient sur leur pays –  la parole est donnée en outre à un philosophe égypto-grec, Chérémon d'Alexandrie. Ce Chérémon était un philosophe stoïcien qui fut conservateur de la Bibliothèque d'Alexandrie et prêtre égyptien; ami de Sénèque, il fut appelé à Rome en +49 pour être le précepteur de Néron. Dans son ouvrage ­– Le livre de Pthomyris ou Critiques des Aegyptiaca (une œuvre que l'on disait perdue) – il évalue, depuis sa culture d'origine, les fantasmes, les erreurs, les ellipses, mais aussi les émerveillements des Grecs devant la culture égyptienne.

L'apport original, dans ce Quartette d'Alexandrie, est le témoignage de Chérémon. Dans l'univers gréco-romain où le destin l'a fait naître, il entend garder son esprit critique et son libre arbitre. Il montre qu'une majorité ethnique peut défendre son identité, ou du moins éviter son érosion. Intellectuel cosmopolite, son monde, même à la cour de Néron, reste celui où il est né et, sans tomber dans un nationalisme obtus, il dit sa solidarité avec le pays de ses pères. Face aux voyageurs gréco-romains qui, ne faisant que passer en Égypte, sont restés prisonniers de leur propre culture, il cherche une méthode pour permettre l'échange et faire en sorte que l'interprétation de la réalité égyptienne ne passe pas par des schémas qui lui seraient étrangers.

Par ce rapprochement entre les quatre auteurs, nous pouvons percevoir l'histoire de cette rencontre décisive entre une Grèce qui crut voir dans l'Égypte son premier grand modèle et une Égypte à la fois plurielle et égocentrique qui acclimata l'hellénisme plus qu'elle ne s'y soumît, et qui abrita néanmoins, avec Alexandrie, le foyer le plus éclatant du multiculturalisme. En effet cette ville était essentiellement grecque, avec un conservatoire d'un savoir universel et ouvert, pourtant conçu aussi sur le modèle des "Maisons de Vie” égyptiennes, sortes d'académies sacerdotales où étaient gardés les secrets du savoir ancestral du passé égyptien. Des auteurs aussi essentiels pour la pensée gréco-latine que Sénèque, Plutarque ou Lucien ont été redevables à leur séjour à Alexandrie…

Grâce à Pascal Charvet et à Arnaud Zucker, la confrontation opérée entre deux univers distincts – dotés de peu de dénominateurs culturels communs, mais non dénués de convergences religieuses – offre une introduction à la vie égyptienne dans l'Antiquité, à ses croyances et à ses savoirs, qui occupent une place importante dans le patrimoine de l'humanité.

Note : Chérémon était un érudit qui vivait à Alexandrie au début du +Ier siècle. Comme hiérogrammate, il transcrivait en hiéroglyphes les prescriptions divines et il fut peut-être responsable de la grande Bibliothèque. Venu à Rome sous l'empereur Claude, il fut, comme philosophe stoïcien, un des précepteurs du jeune Néron, avant Sénèque qui lui succéda dans cette fonction en +49. Il écrivit plusieurs ouvrages dont il ne reste que des fragments (14 fragments sûrs et 28 fragments douteux), publiés par Van der Horst en 1984. On suppose qu'il écrivit sur l'histoire de l'Egypte, sur les hiéroglyphes, sur les comètes, sur la grammaire.
Comme philosophe stoïcien, il fut, après sa mort, la cible d'une épigramme de Martial (XI,56) qui fit remarquer qu'il était facile pour quelqu'un vivant dans l'austérité et le dénuement de mépriser la vie et faire l'éloge de la mort ; mais que, s'il avait pu passer ses nuits dans un lit luxueux en compagnie d'un jeune et beau garçon, il aurait sans doute souhaité vivre plus longtemps que le vieux Nestor.


Philippe HEUZÉ

ANTHOLOGIE BILINGUE DE LA POÉSIE LATINE

Gallimard-Pléiade, octobre 2020

• • Philippe Heuzé nous avait gratifiés de deux conférences, l'une en 1983 sur Virgile et l'iconographie virgilienne, l'autre en 1995 sur Peintres et poètes à Pompéi.

Professeur émérite de langue et littérature latines à la Sorbonne Nouvelle, spécialiste de l'œuvre de Virgile dont il a donné en 2015 une édition bilingue dans la collection de la Pléiade, Philippe Heuzé vient de publier, dans la même collection et sous sa direction, une Anthologie bilingue de la poésie latine.

Cet ouvrage célèbre la rencontre de la poésie et du latin sur plus de deux mille ans, depuis Livius Andronicus jusqu'à Pascal Quignard. L'ouvrage n'est pas une histoire de la poésie latine : certes il comporte des notices biographiques de plus de 180 auteurs et un bon appareil de notes, mais il réussit à dépasser les conditions de la création des poèmes (quelques-uns sont anonymes) pour donner l'impression d'un flux continu de poésie sur plus de vingt siècles.
Le lecteur aura plaisir à retrouver des textes de l'Antiquité "classique", alors que la poésie en latin, "digne héritière de la poésie grecque", s'était développée d'une manière originale selon les valeurs de sa propre civilisation. Il découvrira aussi l'immense richesse de la poésie latine de la Renaissance, qui a repris et transformé les modèles antiques, donnant au latin plus de force charnelle ou érotique, ou même inventant une langue "macaronique" comme l'italien Merlin Coccaïe. Après un net déclin au XVIIIe siècle, le latin est revenu subrepticement chez Hugo, puis chez Baudelaire (Franciscae meae laudes), pour lequel "la langue de la dernière décadence latine est singulièrement propre à exprimer la passion telle que l'a comprise et sentie le monde poétique moderne". Enfin l'anthologie de Ph. Heuzé nous conduira jusqu'à l'étrange poème Inter aerias fagos de Pascal Quignard, fait d'un montage de fragments anciens.
Une telle anthologie permet de comprendre pourquoi Chateaubriand a pu dire du latin qu'il était "le plus bel idiome de la terre": c'est une langue d'une grande souplesse, l'ordre des mots étant presque libre, c'est une langue en quelque sorte prédisposée à la poésie, permettant les jeux polysémiques (tel le "sunt lacrimae rerum" de l'Énéide I, 462). "Le génie de cette langue possède un don marqué pour satisfaire une aspiration constante du langage poétique universel : dire plus, suggérer, ouvrir", souligne Philippe Heuzé, qui cite Nietzsche célébrant les odes d'Horace : "Dans certaines langues, il n'est même pas possible de vouloir ce qui est réalisé ici. Cette mosaïque de mots, où chaque mot, par son timbre, sa place dans la phrase, l'idée qu'il exprime, fait rayonner sa force".
La poésie en latin serait-telle donc intraduisible ? Faut-il renoncer à trouver en français l'équivalent de cet accent musical qui faisait la beauté de l'hexamètre? Sans aller jusqu'aux contorsions de Pierre Klossowski dans sa traduction de l'Énéide, Ph. Heuzé et ses collaborateurs ont réussi à nous convaincre que le latin n'est pas la langue d'un passé aboli, mais une langue faite pour la poésie et donc un exaltant défi pour celui qui peine à trouver des équivalents dans sa propre langue.

On pourra écouter Philippe Heuzé et Yves Hersant présentant cette Anthologie sur France-Culture (La Compagnie des poètes), à l'adresse suivante :
<https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-poetes/le-latin-un-parler-poetique>


Maurice SARTRE

LE BATEAU DE PALMYRE. QUAND LES MONDES ANCIENS SE RENCONTRAIENT

Tallandier, février 2021

• • Maurice Sartre, en 2016, nous avait parlé de Palmyre, vie et mort d'une cité antique.

Professeur émérite à l'Université de Tours Maurice Sartre étudie, dans cet ouvrage, la connaissance que les peuples de l'Antiquité avaient les uns des autres, pendant plus de dix siècles, entre -600 et +600. On s'aperçoit que les Chinois, entre le -Ier siècle et le +IIIe siècle, n'ignoraient pas l'existence de Rome et que les peules du bassin méditerranéen avaient des notio sur les Indiens et les Chinois.

Où sont allés les plus aventureux des Phéniciens, des Égyptiens, des Grecs, des Romains ? Certains ont-ils déjà fait le tour de l'Afrique ? Que connaissent-ils à la fin de l'Antiquité du reste de la Terre habitée ? Où sont arrivés Indiens et Chinois ? Ces questions sont essentielles pour connaître l'étendue et l'intensité des relations entre les grandes civilisations. Dès l'Antiquité, Europe, Afrique et Asie étaient en contact. Il n'a pas fallu attendre Marco Polo ou les Grandes Découvertes pour voir des hommes et des femmes se déplacer et échanger marchandises et savoirs à très longue distance. De l'Islande au Vietnam, des côtes d'Afrique aux steppes de Mongolie, poussés par le vent de mousson comme le bateau du Palmyrénien Honaînû en route pour l'Inde ou au rythme lent des caravanes contournant le bassin du Tarim, marins, marchands ou ambassadeurs parcourent et décrivent des pays lointains. Ce que les Grecs connaissent et reçoivent de l'Inde, ce que les Chinois savent de Rome, ce que l'Inde emprunte à l'art et à la pensée grecs, sans négliger les expéditions dirigées vers l'Europe du Nord ou l'Afrique subsaharienne, un monde méconnu se découvre, où l'on trouve aussi bien des Indiens égarés sur les côtes danoises que des Grecs emportés par les vents à Zanzibar ou à Ceylan, tandis qu'un ambassadeur chinois hésite à se lancer sur le golfe Persique. À partir de textes, vestiges archéologiques et inscriptions, Maurice Sartre raconte les premières rencontres de trois continents, révélant à nos yeux la naissance d'un monde unique.


Claude AZIZA

POMPÉI, PROMENADES INSOLITES,

Les Belles Lettres, janvier 2021

• • Claude Aziza est venu trois fois nous proposer une conférence : en 1992 ("L'Antiquité dans le cinéma des origines"), en 2008 ("L'Europe et le latin, l'exemple d'Érasme") et en 2009 ("La mort des Césars au cinéma").

Pompéi a toujours fasciné. Dans cette cité antique, peu à peu révélée depuis le milieu du XVIIIe siècle, Goethe viendra en 1787, puis Chateaubriand, Delphine de Staël, Lamartine, Stendhal. En 1834, Edward George Bulwer publiera son roman Les Derniers jours de Pompéi, dramatisant ainsi les ravages de l'éruption.

Claude Aziza a écrit ce livre en pensant à tous ces "touristes" qui parcourent les rues de la cité antique sans être munis d'un indispensable bagage, la connaissance des oeuvres par lesquelles de nombreux écrivains, de nombreux artistes ont essayé de traduire leurs émotions et leurs fantasmes suscités par la ville ensevelie.

Dans cet ouvrage, Claude Aziza a voulu, sous la forme de dix « promenades insolites », rassembler quelques-uns de ces témoignages, sans oublier les oeuvres cinématographiques, dont le célèbre Voyage en Italie de Roberto Rossellini, avec la scène émouvante de l'apparition d'un couple de Pompéiens unis dans la mort pour l'éternité.

Claude Aziza écrit : "Il n'est certes pas facile d'être à la fois Montaigne et Rousseau. C'est pourtant ce que je me propose de faire ici, parce que ce livre - personnel - est le fruit de nombreuses lectures et de non moins nombreux voyages, tous ponctués d'images, fixes ou mobiles, chacun à des moments différents de mon existence, dans des circonstances différentes et avec des gens différents. Aucun de ces voyages à Pompéi ne ressembla aux autres, aucun ne fut simplement banal. Chacun d'entre eux eut son charme particulier. Rousseau soit. Et Montaigne ? Tout simplement parce que le plaisir partagé n'en a que plus de prix, parce que les derniers rayons du soleil peuvent encore réchauffer le coeur et les sens et que le seul héritage qu'un amoureux de Pompéi puisse transmettre c'est justement cet amour, sous toutes ses formes, y compris et surtout celles qu'on n'attendrait pas. Promenades insolites, promenades que le visiteur de Pompéi n'a pas l'habitude de faire, et dont le promeneur solidaire que j'ai envie d'incarner (le lecteur, toujours indulgent, pardonnera ce mauvais calembour) se fera le guide. De tous ceux qui, par manque de temps ou de connaissances, seraient passés à travers des aspects méconnus de Pompéi et n'auraient pu voir, au-delà d'une visite formatée, les richesses inépuisables de cette petite cité provinciale à laquelle un destin brutal et tragique donna le statut de mythe."


Sylvie MORISHITA

L'ART DES MISSIONS CATHOLIQUES AU JAPON (XVIe-XVIIe SIÈCLE)

Cerf-Patrimoines, juin 2020

• • Sylvie Morishita a fait pour notre association deux conférences, l'une en 2011 sur Alessandro Valignano, l'autre en 2018 sur le Japon et la mondialisation ibérique au XVIe siècle.

Les destructions consécutives à l'interdiction du christianisme au Japon, en 1614, ont cherché à effacer toutes traces de présence chrétienne dans l'archipel. Toutefois des œuvres d'art (tableaux, gravures et paravents) ont échappé aux destructions et ont été progressivement découvertes à partir du XIXe siècle.
Cet ouvrage s'appuie sur les rapports des missionnaires, mais aussi sur les lettres et récits de marchands français, italiens, anglais et hollandais, pour retracer l'histoire des échanges artistiques entre le Japon féodal et l'Europe catholique de la Renaissance.
Pendant la brève existence de l'école d'art que les Jésuites avaient fondée à Nagasaki, ils ont formé des peintres japonais aux thèmes iconographiques prisés en Europe et introduit des techniques inconnues du Japon, tout en pratiquant une timide adaptation au contexte local.
Dispersées maintenant à travers musées, bibliothèques et fonds d'archives, tant en Orient qu'en Occident, ces tableaux, ces paravents et ces gravures, rassemblés après de longues recherches par Sylvie Morishita, témoignent de la circulation mondiale des œuvres d'art provoquée par l'expansion ibérique en Extrême-Orient.


Yannick HAENEL

LA SOLITUDE CARAVAGE,

Fayard, février 2019

• • Yannick Haenel est venu à deux reprises parler de son oeuvre aux membres de notre association au cours d'entretiens avec notre vice-présidente Catherine Malissard : en 2015 à propos de Je cherche l'Italie et en 2019 à propos de La Solitude Caravage.

"Vers 15 ans, j'ai rencontré l'objet de mon désir. C'était dans un livre consacré à la peinture italienne : une femme vêtue d'un corsage blanc se dressait sur un fond noir ; elle avait des boucles châtain clair, les sourcils froncés et de beaux seins moulés dans la transparence d'une étoffe." Ainsi commence ce récit d'apprentissage qui se métamorphose en quête de la peinture. En plongeant dans les tableaux du Caravage (1571-1610), en racontant la vie violente et passionnée de ce peintre génial, ce livre relate une initiation à l'absolu. À notre époque d'épaississement de la sensibilité, regarder la peinture nous remet en vie. On entre dans le feu des nuances, on accède à la vérité du détail. C'est une aventure des sens et une odyssée de l'esprit. Aimer un peintre comme le Caravage élargit notre vie.


Jean-Pierre SUEUR

VICTOR HUGO AU SÉNAT

Corsaire-Éditions, septembre 2018

• • Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, a développé ce thème dans un exposé donné dans le cadre de nos conférences en 2015.

Victor Hugo a été pair de France de 1845 à 1848. Il a été sénateur de Paris de 1876 à 1885. À la Chambre des pairs comme au Sénat, il a été le chantre du progrès et de la liberté. Le 21 juin 1877, par exemple, il plaidait pour l'utilité de la Haute Chambre : "C'est aujourd hui que la grave question des deux Chambres, posée par la Constitution, va être résolue. Deux chambres sont-elles utiles ? Une seule chambre est-elle préférable ? En d'autres termes, faut-il un Sénat ? [...] Messieurs, j'y insiste. Il dépend aujourd'hui du Sénat de pacifier la France ou de troubler le monde. La France est aujourd'hui désarmée en face de toute la coalition du passé. Le Sénat est son bouclier. [...] Sénateurs, prouvez que vous êtes nécessaires. Le Sénat, en votant la dissolution, compromet la tranquillité publique et prouve qu'il est dangereux. Le Sénat, en rejetant la dissolution, rassure la patrie et prouve qu'il est nécessaire. [...] Non, le passé ne prévaudra pas. Eût-il la force, nous avons la justice, et la justice est plus forte que la force. Nous sommes la philosophie et la liberté."


Dominique BRECHEMIER

ANNIE DE PÈNE UNE JOURNALISTE AU COEUR DE LA GRANDE GUERRE

L'Harmatan, février 2018


• • Dominique Bréchemier, qui avait soutenu en 2002 à Orléans une thèse sur Annie de Pène, nous a présenté cette journaliste dans une conférence en 2019.

Annie de Pène (1871-1918) fut libraire, éditrice, directrice de revues, romancière, journaliste et, comme ses concitoyennes, au cœur de la Grande Guerre. Depuis les tranchées, elle a livré ses reportages pour Le Matin et L'Œuvre. Elle a également décrit la vie des femmes à l'arrière en s'interrogeant sur leur évolution à travers ses reportages et ses chroniques. Entre 1908 et 1918, elle a publié: Pantins modernes, Les Belles Prières, L'Evadée, C'étaient deux petites filles, Une femme dans la tranchée, Confidences de femmes, Sœur Véronique.


Jean-Christophe BAILLY

UN ARBRE EN MAI

Seuil, Fiction & Cie, janvier 2018

• • Jean-Christophe Bailly est intervenu en 2017 sous forme d'un entretien avec notre vice-présidente Catherine Malissard

En 2004, à la suite de la publication de Tuiles détachées, qui était un récit autobiographique, Jean-Christophe Bailly avait commencé la rédaction d'un texte personnel sur les événements de mai 68, qu'il n'avait pas achevé alors. Il le reprend aujourd'hui, en ajoutant des notes, des précisions et une postface.

On ne trouvera pas dans ce texte les réunions syndicales étudiantes, ni les AG dans les amphithéâtres, ni les bagarres, ni les distributions de tracts devant les usines, ni le calendrier précis des événements. Jean-Christophe Bailly nous propose plutôt un récit personnel presque à demi-rêvé, des images resurgies de sa mémoire, cinquante ans après : le regard d'un jeune étudiant de Nanterre sur ces événements qui ont marqué la France.


Paul-Marius MARTIN

LES HOMMES ILLUSTRES DE LA VILLE DE ROME

Les Belles Lettres, février 2016

• • Entre 1977 et 2009, Paul-Marius Martin nous a donné huit conférences, en particulier sur l'histoire de la Rome royale et de la république romaine.

Le De Viris illustribus Vrbis Romae est un recueil de courtes biographies couvrant l'histoire de Rome depuis sa fondation jusqu'à la fin de la République. Dès le -Ier siècle fut élaborée une liste canonique des grandes figures du passé "national", qui a inspiré, outre le forum d'Auguste, toute une littérature de biographies de viris illustribus, d'Hygin à Suétone, puis à l'empire tardif, où s'est accentuée leur floraison, quand paganisme et christianisme se disputaient autour de la question des valeurs, nouvelles ou traditionnelles.

Les traditions sur les premiers siècles de Rome, qui avaient été le "catéchisme civique" des Romains, la base de leur culture traditionnelle, devinrent alors, chez les païens, un thème à la mode, par la volonté de sauver l'essentiel de l'histoire des origines et de la République, face aux chrétiens qui, parce que ces traditions intégraient étroitement valeurs et croyances païennes, pensaient qu'ils devaient être éradiqués.

Le De Viris Illustribus appartient à cette production, qui fleurit à partir du +IIIe siècle. Nous avons des raisons de penser qu'il a été écrit très probablement à l'extrême fin du IVe siècle. Si son auteur reste anonyme, on a pu en revanche cerner certains traits de sa personnalité : c'est un païen lettré, qui connaît suffisamment le christianisme pour être au courant des traditions les plus moquées par les chrétiens; pour celles-ci, on le voit alors prendre des précautions oratoires.

L'édition proposée, avec un nouvel établissement du texte, une traduction respectueuse de celui-ci et un commentaire aussi exhaustif que possible (paléographique, linguistique, stylistique, et surtout historique), est destinée à mettre en évidence l'intérêt du De Viris Illustribus, injustement méconnu, pour la recherche moderne.


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