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ACTÉON ET LES NYMPHES, D'APRÈS OVIDE


• LE CHASSEUR ACTÉON SURGIT DEVANT DIANE ET SES NYMPHES NUES PRÈS D'UNE SOURCE (p. 277)

Jean-Marie Delaperche, Diane et Actéon, dessin, c. 1812-1815 (coll. E. Roucher)

 

Cette légende est racontée par Ovide au livre III de ses Métamorphoses (vers 138 et suivants).
Actéon, après avoir chassé avec ses chiens et quelques compagnons, s'égara dans une vallée consacrée à Diane. Il arriva dans une partie très reculée où se trouvait une grotte naturelle près d'une source d'eau pure. C'est là que la déesse des forêts, quand elle était fatiguée de la chasse, venait se rafraîchir. Ce jour-là Diane était venue s'y se reposer avec ses nymphes. Quand elles virent surgir Actéon, effrayées à son aspect, honteuses de se voir surprises ainsi nues, les nymphes se frappèrent le sein, remplirent le bois de cris et de gémissements et, se serrant autour de leur maîtresse, la couvrirent de leur corps.

Delaperche a disposé les nymphes autour de la source dans laquelle une d'entre elles se baigne. Diane est à droite. Toutes sont nues. Une nymphe signale la présence d'Actéon sortant d'un fourré (en haut à gauche). Les autres sont surprises, pas encore effrayées.

Ovide – Métamorphoses, III, 177-190

Qui simul intravit rorantia fontibus antra,
sicut erant, viso nudae sua pectora nymphae
percussere viro subitisque ululatibus omne
implevere nemus circumfusaeque Dianam
corporibus texre suis ; tamen altior illis
ipsa dea est colloque tenus supereminet omnes.
Qui color infectis adversi solis ab ictu
nubibus esse solet aut purpureae aurorae
is fuit in vultu visae sine veste Dianae.
Quae, quamquam comitum turba stipata suarum,
in latus obliqqum tamen astitit oraque retro
flexit et, ut vellet promptas habuisse sagittas,
quas habuit sic hausit aquas vultumque virilem
perfudit…
A peine eut-il pénétré dans l'antre où la source épandait sa rosée que les nymphes, dans l'état de nudité où elles se trouvaient, se mirent soudain, en apercevant un homme, à se frapper la poitrine et à remplir toute la forêt de leurs cris perçants ; pressées autour de Diane, elles lui firent un abri de leurs corps. Mais la déesse est plus grande qu'elles, elle les dépasse toutes jusqu'au cou. Comme des nuages reflètent les rayons du soleil qui les frappent en face, ou comme l'aurore se colore de pourpre, ainsi Diane rougit d'avoir été vue sans vêtement. Quoique environnée par la foule de ses compagnes, elle se tint de côté et détourna son visage ; elle aurait bien voulu avoir des flèches sous la main ; elle prit ce qu'elle avait, de l'eau, la jeta à la figure du jeune homme. Par ce geste, Diane transforma Actéon en cerf. Alors ses chiens se lancèrent à sa poursuite et ses compagnons, ignorant la métamorphose de leur compagnon, les excitèrent contre la bête qui fut rapidement mise en lambeaux. C'est ainsi que s'assouvit la colère de Diane.

• ACTÉON S'ÉLOIGNE ALORS QUE LA MÉTAMORPHOSE EST COMMENCÉE

 

MBAO, 2008.0.1598

Estampe de BON BOULLOGNE (1649-1717), gravée par Dominique Sornique (1708-1756),
Actéon petit fils de Cadmus métamorphosé en cerf

Sous la gravure, on lit : "Acteo, devoré par sa meute en fureur, / Diane, ne scauroit que fletrir ton honneur / Et t'attirer les noms d'injuste, d'inhumaine / Pour avoir un moment contemplé tes appas, / Ne devoit-ce pas être une assez rude peine / Que de les avoir vus, et de n'en jouir pas ? / Moraine."


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