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NICOLAS GÉDOYN


Nicolas Gédoyn est né en 1667 à Orléans. Son père, Philippe Gedoyn, était machéchal des camps et armées du Roi, gouverneur du château de Beaugency; Louis XIV devait le choisir comme gouverneur du jeune Louis de Bourbon, titré comte de Vermandois.

Très tôt Nicolas fut mis en pension à Paris chez les Jésuites. Puis on l'envoya au collège royal de Blois comme professeur de rhétorique. Mais sa santé fragile le contraignit à quitter les Jésuites vers l'âge de 25 ans pour aller se soigner à la campagne. Ensuite il vécut modestement à Paris dans sa famille, tout en prenant "le ton de la bonne compagnie", en particulier dans le salon de la vieille Ninon de Lenclos.

En 1701, le Roi le nomma à un canonicat de la Sainte-Chapelle ; résidant dans une maison canoniale, il eut comme voisin M. Arouet, le père du futur Voltaire.

Entre 1708 et 1718, il travailla à une traduction de l'Institution Oratoire de Quintilien, ce qui lui permit d'être admis à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1711), puis à l'Académie Française (1719). Assistant régulièrement aux séances, il s'appliqua à fournir les deux dissertations annuelles qu'imposait le règlement.

Il fut alors nommé à l'abbaye Saint-Saulve de Montreuil (diocèse d'Amiens), qu'il remis ensuite pour celle de Notre-Dame de Beaugency.

Il entreprit alors une traduction de la Description de la Grèce de Pausanias, que n'avait pas réussi à mener à bien l'abbé de Caumartin (qui sera évêque de Blois en 1719).

Il songea ensuite à traduire la Géographie de Strabon, mais recula devant un texte grec encore mal établi. Il s'intéressa alors à la Bibliothèque de Photius Ier de Constantinople.

Il est mort le 10 août 1744 lors qu'une visite chez un ami au château de Fontpertuis, près de Beaugency (il a été inhumé dans le chœur de l'Abbaye Notre-Dame de Beaugency).


Sources pour une biographie :
– « Éloge historique de M. l'abbé Gedoyn », dans le Mercure de France de janvier 1745
– « Mémoire sur la vie de l'auteur », en tête de Œuvres diverses de l'abbé Gedoyn, Paris, 1745, p. V à XVII
– Notice sur N. Gedoyn dans Mémoires de Littérature tirés des registres de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XVIII, 1753 p. 399-408


Voltaire lui a consacré une notice : « Gédoin (Nicolas), chanoine de la Sainte-Chapelle à Paris, auteur d'une excellente traduction de Quintilien et de Pusanias. Il est entré chez les jésuites à l'âge de quinze ans et en sortit dans un âge mûr. Il était si passionné pour les bons auteurs de l'antiquité qu'il aurait voulu qu'on eût pardonné à leur religion en faveur des beautés de leurs ouvrages et de leur mythologie : il trouvait dans la fable une philosophie naturelle, admirable, et des emblèmes frappants de toutes les opérations de la Divinité. Il croyait que l'esprit de toutes les nations s'était rétréci, et que la grande poésie et la grande éloquence avaient disparu du monde avec la mythologie des Grecs. Le poème de Milton lui paraissait un poème barbare et d'un fanatisme sombre et dégoûtant, dans lequel le diable hurle sans cesse contre le Messie. Il écrivit sur ce sujet quatre dissertations très curieuses : on croit qu'elle seront bientôt imprimées. Mort en 1744. »

Voltaire, « Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le siècle de Louis XIV », dans Siècle de Louis XIV (1751), éd. Baudoin, 1825, tome 25, p. 138-139.


L'abbé Gedoyn un des amants de Ninon de Lenclos ?

L'abbé Pierre Barral écrivit dans son Dictionnaire des hommes illustres (1758): « Rentré dans le siècle, l'abbé Gédoyn ne tarda pas à être introduit dans la maison de la trop fameuse l'Enclos, et il eut avec cette courtisane une aventure que l'on a fait que trop connaître pour l'honneur de l'abbé Gedoyn. »

Voltaire trouva ridicule cette accusation. « On a imprimé dans quelques dictionnaires que Ninon lui accorda ses faveurs à quatre-vingts ans. En ce cas on aurait dû dire plutôt que l'abbé Gédoin lui accorda les siennes. Mais c'est un conte ridicule : ce fut à l'abbé de Châteauneuf que Ninon donna un rendez-vous pour le jour auquel elle aurait soixante ans accomplis. Une telle sottise n'est nullement vraisemblable, et je puis certifier que rien n'est plus faux. J'ai beaucoup vu dans mon enfance l'abbé Gédoyn et Mlle Lenclos ; je puis assurer qu'à l'âge de quatre-vingts ans son visage portait les marques les plus hideuses de la vieillesse, que son corps en avait toutes les infirmités et qu'elle avait dans l'esprit les maximes d'un philosophe austère. »

« Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le siècle de Louis XIV », dans Siècle de Louis XIV (éd. Baudoin, 1825, tome 25, p. 138-139) et article "Dictionnaire", Questions sur l'Encyclopédie, 1771).


PUBLICATIONS DE L'ABBÉ GÉDOYN :

 

1- Pausanias,Voyage historique de la Grèce, traduit en français par M. l'abbé Dedoyn, Paris, 1731, 2 vol.,

2- Quintilien, De L'institution de l'Orateur, traduit par M. l'abbé Gedoyn, 4 vol., Paris, 1752

3- Dans les comptes rendus des séances de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres sont présentés plusieurs de ses travaux :
– « Les plaisirs de la table chez les Grecs » (t. III, 1723, p. 54-56)
– « Crissa et Cirrha n'ont été que deux noms différents d'une même ville » (t. V, 1723, p. 67-70)
– « Sur une lettre de Denys d'Halicarnasse à Pompée » (t. V, 1723, p. 126-128)
– « De quelle manière Pausanias a entendu un passage d'homère au sujet de Jocaste » (t. V, 1723, p. 146-153)
– « A propos de la traduction de Pausanias : Eclaicissements sur quelques difficultés générales qui se trouvent dans les auteurs grecs » (t. VII, 1733, p. 106-114)
– « Controverse avec l'abbé Vatry sur les traductions » (t. XII,1740, p. 107-125)

4- Dans les Mémoires de littérature tirés des registres de l'Académie des Inscriptions :
– « Dissertation académique sur l'urbanité romaine » (t. VI, 1729, p. 208-233)
– « Description de deux tableaux de Polygnote, tirée de Pausanias » (t. VI, 1729, p. 445-458)
– « Recherches sur les Hyperboréens » (t. VII, 1733, p. 113-126)
– « Sur les courses de chevaux et celles de chars usitées dans les Jeux Olympiques » (t. VIII, 1733, p. 314-331 et t. IX, 1736, p. 360-375)
– « Histoire de Dédale » (t. IX, 1736, p. 177-188)
– « Histoire de Phidias » (t. IX, 1736, p. 189-199)
– « Vie d'Épaminondas » (t. XIV, 1743, p. 113-127
– « Extraits de Photius, histoire des Perses écrite par Ctésias suivant Photius, Histoire d'Héraclès par Memnon suivant Photius » (t. XIV, 1743, p. 179-333)

5- Dans Œuvres diverses de M. l'abbé Gedoyn, Paris, 1745
– « De l'éducation des enfants », p. 1-52
– « Vie d'Épaminondas », p. 53-69
– « Des Anciens et des Modernes », p. 70-139
– « Entretien sur Horace », P. 140-170
– « De l'Urbanité Romaine », p. 171-227
– « Portrait ou plutôt ébauche de Madame la Comtesse de Caylus », p. 228-232
– « Des plaisirs de la Table chez les Grecs », p. 233-316
– « Apologie des Traductions », p. 317-363
– « Jugement de Photius sur les dix plus célèbres orateurs de la Grèce (Antiphon, Isocrate, Andocide, Lysias, Isée, Esquine, Démosthène, Hypéride, Dinarque, Lycurgue) », p. 364-434
– « Relation des Indes tirée de Photius », p. 435-476

6- Dans Recueil d'Opuscules littéraires, avec un Discours de Louis XIV à Monseigneur le Dauphin, tirés d'un cabinet d'Orléans et publiés par un anonyme, Amsterdam, 1767.
– « Réflexions sur le goût », p. 219 à 286

7- Dans Bibliothèque Académique ou Choix fait par une Societé de gens-de-lettres de différents mémoires des Académies françaises et étrangères, tome IV, 1881, p. 112 à 146 :
– « Des Traductions »


Tous ces textes sont numérisés sur Internet (gallica ou google-books) :

• Pausanias, tome I :

https://books.google.fr/books?id=CZiAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false


• Quintilien tome I

https://books.google.fr/books/about/Quintilien_de_l_institution_de_l_orateur.html?id=vFSEmgEACAAJ&redir_esc=y


• Histoire de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres (certains volumes sur google-books)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34529959h/date.item


•Recueil d'Opuscules littéraires, avec un Discours de Louis XIV à Monseigneur le Dauphin, tirés d'un cabinet d'Orléans et publiés par un anonyme, Amsterdam, 1767.

https://archive.org/details/recueildopuscul00fongoog/page/n8/mode/2up


• Oeuvres diverses de l'abbé Gedoyn :

https://books.google.fr/books?id=QyNJAAAAcAAJ&pg


• Bibliothèque académique de 1881;

https://www.google.fr/books/edition/Biblioth%C3%A8que_acad%C3%A9mique_ou_Choix_de_di/AtTngRan-scC?hl=fr&gbpv=1&dq=


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