CLAUDE DELOYNES D'AUTROCHE
(1744-1823)
Le jeune aristocrate
Claude de Loynes, seigneur d'Autroche, de La Porte, de Brévainville et du Mesnil, est né le 1er janvier 1744 à Orléans et mort à Orléans le 17 novembre 1823. Il était le fils de Jean de Loynes d'Autroche, seigneur de Montrieux, échevin d'Orléans, et de Marie Thérèse du Coing de La Porte.
Après de bonnes études classiques, sans doute au collège des Jésuites d'Orléans, et après avoir, pendant quelque temps, aidé son père dans la gestion de ses biens, il fit à 24 ans – selon la pratique alors habituelle pour les jeunes gens de l'aristocratie cultivée – le "Grand Tour" de l'Italie, au cours duquel il rencontra l'archéologue allemand Johann Joachim Winkelmann et au retour duquel, passant par Ferney, il rencontra Voltaire dont, en bon catholique qu'il était, il ne partageait pas les idées.
Revenu à Orléans, dans son hôtel particulier de la rue des Anglaises, il se maria en 1769 avec Charlotte Thérèse de Sailly.
Il hérita alors, à Sandillon, du domaine de La Porte, dont il fit rénover le château (les piédroits de la cheminée du rez-de-chaussée portent les dates 1740 et 1778 ; la chapelle fut achevée en 1785).
L'agronome, membre de la Société d'Agriculture
Dès lors, d'Autroche se consacra particulièrement à la mise en valeur des terres qu'il avait en Sologne. Cela l'amena à se faire admettre, en 1775, à la Société royale d'Agriculture de la généralité d'Orléans, dont son oncle Deloynes de Talsy était déjà membre.
Très sensibilisé aux problèmes que posait la mise en valeur de la Sologne, il fut, en 1780, l'un des pétitionnaires qui écrivirent à Necker afin d'obtenir des secours face à la "maladie rouge" qui faisait des ravages au sein des troupeaux de moutons.
Comme membre de la Société d'Agriculture, il fut chargé de prononcer l'éloge funèbre d'Étienne Bonnot de Condillac, mort au château de Flux (près de Beaugency) en août 1780. Son texte a été aussitôt publié, accompagné d'un hommage à Turgot, le ministre réformiste mort le l8 mars 1781.
| Éloge de M. l'abbé de Condillac, prononcé dans la Société royale d'agriculture d'***, le 18 de janvier 1781 Amsterdam, 1781 – In-12, 111 p. |
Concourant pour un prix de la Société royale de physique, d'histoire naturelle et des arts d'Orléans, dont il était membre, d'Autroche publia, en 1787, un Mémoire sur l'amélioration de la Sologne. Il y propose de préférer les prairies naturelles aux prairies artificielles, de consacrer moins de terres à la culture, de mieux entretenir les fossés pour le drainage, de supprimer les étendues marécageuses (en conservant les étangs) afin de reboiser la Sologne.
| Mémoire sur l'amélioration de la Sologne, par M. d'Autroche – Orléans, Jacob aîné, 1787 – IV-82 p. ; in-8. [sur Gallica] |
Le traducteur d'œuvres classiques
Depuis plusieurs années, d'Autroche consacrait ses loisirs à la traduction des Odes d'Horace et de l'Énéide de Virgile.
Lorsqu'il sut que l'abbé Delille "allait chanter les combats et la gloire d'Énée", il abandonna sa traduction de l'Énéide et, en 1787, acheva une traduction des Odes d'Horace ; mais il ne put la faire imprimer qu'en 1789, alors que "ce n'était plus des livres qu'il fallait aux Français affamés de drapeaux, de fusils et de sabres et ivres de licence". L'ouvrage passa inaperçu. Il était précédé d'une épître dédicatoire à Turgot et d'un exposé sur sa conception de la traduction.
| Traduction libre des Odes d'Horace en vers françois – Orléans, 1789 – 2 tomes in-8° |
Pendant les années sombres de la Révolution, d'Autroche comprit que "le secret pour sauver sa personne était de rester ignoré". Ensuite, rassuré par le Consulat et voyant que l'abbé Delille avait publié en 1800 L'Homme des champs ou les Géorgiques françaises, il se décida à faire imprimer à Orléans sa traduction de l'Énéide, prête depuis une quinzaine d'années, accompagnée, en notes, de commentaires souvent pertinents. Celle de Jacques Delille fut publiée quelques semaines plus tard, la même année 1804.
| Traduction de l'Énéide de Virgile en vers français, suivie de notes littéraires et morales, par l'auteur de la traduction libre des Odes d'Horace en vers lyriques, édition in-édite de 1789 – à Orléans, de l'Imprimerie de Jacob l'aîné, 1804 (an XII) – 2 tomes. [sur Google-Books] |
Le tome 1 comprend le texte latin et la traduction des chants I à IV, le tome 2 la traduction des chants VII à XII, suivie de « Observations en réponse à ce qu'ont avancé sur les six derniers livres de l'Enéide, M. de Voltaire, dans son Essai sur la Poésie épique ; et M. de la Harpe , dans son Cours de Littérature. » Pressé de publier, d'Autroche aurait donc omis la traduction des chants V et VI. La Bibliothèque Nationale et la Médiathèque d'Orléans possèdent une édition de la même année 1804 en trois volumes.
D'Autroche travailla ensuite à une traduction du Paradis perdu de Milton, qu'il fit imprimer en 1808. Pour cette traduction, il était encore une fois en rivalité avec Jacques Delille, traducteur du Paradis perdu en 1805.
| L'Esprit de Milton, ou Traduction en vers français du "Paradis perdu" dégagée des longueurs et superfluités qui déparent ce poème, par l'auteur des traductions en vers français des Odes d'Horace et de l'Énéide de Virgile – Orléans : impr. de Jacob l'aîné, 1808 In-8° , XVI-314 p. |
En 1810, d'Autroche publia une traduction en vers de la Jérusalem délivrée du Tasse, espérant remplacer avantageusement celle donnée par Baour-Lormian en 1796.
| Jérusalem délivrée du Tasse, traduite en vers français par l'auteur d'une traduction en vers des Odes d'Horace, de l'Énéide de Virgile et du Paradis perdu de Milton, Paris : Égron, 1810, In-8° , XXXX-600 p. |
Une traduction des Bucoliques de Virgile, publiée en 1813, est aujourd'hui introuvable. Baguenault de Viéville la décrit ainsi : « L'imprimeur, dans un avertissement préliminaire, annonce qu'il la doit au hasard et qu'il ignore quel en est l'auteur. Elle se distingue par deux singularités : La première est une double version de la première églogue, d'un pareil nombre de vers, où toutes les pensées de l'auteur latin qui dans l'une sont en vers à rimes masculines, le sont dans l'autre en vers a rimes féminines ; la deuxième singularité consiste dans l'emploi de quatre ou six vers à rimes masculines ou féminines de suite, dans la scène dialogues de la troisième églogue. L'auteur se justifie de cette licence poétique d'un nouveau genre, en disant qu'on doit regarder chaque provocation suivie de sa réplique, comme un sujet complet et terminé, qui dès-lors n'a aucun rapport avec ce qui suit; ce qui permet l'emploi des rimes à volonté. Pour le reste la traduction est d'une grande médiocrité. »
Les Bucoliques de Virgile |
Enfin, en 1820, persuadé, dit-il, "que ses forces n'avaient pu que s'accroître après s'être mesuré avec Virgile, le Tasse et Milton", il publia une traduction des Psaumes de David, conscient cependant qu'il était difficile de faire mieux que certaines traductions antérieures.
| Traduction nouvelle des psaumes de David en vers françois, avec le latin de la Vulgate en regard ; suivie de celle des Cantiques adoptés par l'Église dans ses offices de la semaine, par M. d'A***, Paris : Adrien Le Clère, 1820, XLII-648 p. ; in-8 |
Enfin la Médiathèque d'Orléans conserve deux courts textes :
| Epître à la Critique, 1820, 3 p. |
| Ode au Pape Pie VII, 1820, 8 p. |
Des traductions très malmenées par la critique
D'Autroche était persuadé que les œuvres poétiques ne pouvaient être traduites qu'en vers (« Il est inconcevable que l'on ait pu mettre en question s'il fallait traduire les poètes en vers : ce qui étonne encore plus, c'est que des gens de lettres, doués même de talents et de lumières, aient pu donner la préférence à la prose. »). Il avait eu des mots très durs contre l'abbé Pierre-François Guyot Desfontaines, auteur, en 1743, d'une traduction en prose des poèmes de Virgile.
Mais surtout il se donnait le droit d'apporter des changements à l'œuvre originale, développant une pensée, ajoutant ou enrichissant une image et supprimant tout ce qu'il considérait comme "des longueurs et superfluités". Ce faisant, il estimait rendre à Horace ou à Virgile "un service qu'il serait à désirer qu'on lui eût rendu plus tôt".
Ses traductions, en particulier celle de l'Énéide, ont fait l'objet de vives critiques : le Journal des Débats publia, par exemple, celles, très virulentes, de l'abbé Charles-Marie de Feletz. Delynes ne s'en formalisa pas et répondit, en 1820, par une Épître à la Critique :
Salut, critique amère,
Tu ne m'épargnas pas et m'es d'autant plus chère...
Si quelques vers heureux travaillés avec soin
Sont sortis de ma plume et marqués au bon coin,
Critique acre et mordante et même impitoyable,
J'aime à le publier, je t'en suis redevable.
Seule, tu m'as valu tout le sacré vallon,
Pour moi tu fus vraiment le divin Apollon :
L'éloge m'eût perdu : la louange flatteuse
Dans une quiétude et douce et langoureuse
Eût assoupi mes sens, et j'aurais sommeillé:
Ton piquant aiguillon m'a toujours réveillé…
Dans ce même poème, il ne cache pas que ses publications antérieures ont été dénigrées et maltraitées par la critique :
A l'élégant Horace a succédé Virgile ;
Virgile dénigré m'a fait hausser le ton,
Et ma trompette épique a reproduit Milton ;
Milton, plus maltraité, vient d'enfanter le Tasse,
Digne rival, dit-on, de Virgile et d'Horace.
Une fatuité prétentieuse qui a fait sourire
La traduction de l'Énéide par d'Autroche a d'abord été accueillie par des sourires malveillants. Selon la Biographie Universelle Michaud (1811), « Delille, qui se faisait lire quelquefois cette traduction en corrigeant la sienne, s'en amusait beaucoup ».
D'abord, à plusieurs reprises, il se vante d'avoir produit une traduction bien supérieure à celles qu'il a pu consulter, en vers, et surtout en prose. Il écrit par exemple, à propos de la fin de l'Énéide : « Je ne puis terminer cette note sans faire observer combien les seuls traducteurs de Virgile que l'on cite aujourd'hui, l'abbé Desfontaines et les Professeurs de l'Université, ont mal compris ce poète en cet endroit. Cela leur arrive si souvent que, si je l'avais relevé chaque fois, j'aurais fait aisément un volume de plus. » (note XII,35). « L'abbé des Fontaines, dans son squelette de traduction en prose, n'a senti ni la vérité ni la richesse de ses peintures. » (note III,8). « Je crois avoir saisi le véritable sens de ce passage, fort mal interprété par les commentateurs. » (note IV,21). « Cette observation a échappé à tous les Commentateurs. » (note VII,17), etc.
Bien plus, il corrige souvent ce qu'il considère comme des erreurs ou des maladresses de Virgile, en ajoutant toutefois que celui-ci n'aurait pas manqué de faire les mêmes corrections si une mort prématurée ne l'en avait pas empêché. « Il est bien étonnant que ces observations aient échappé à Virgile » (note I,11). « Je n'ai pas chargé ma traduction de ces petits détails enfantins, si déplacés. » (note I,13). « Tout cela nous semble indigne du génie de Virgile » (III,10). « Comment une telle faute, la plus grave à nos yeux de toute l'Enéide, a-t-elle pu échapper au judicieux Virgile ? » (IV,16). « Nous osons croire que Virgile avouerait la correction que nous avons faite. » (note IV, 19). « C'est une faute échappée à Virgile, et que son traducteur eût été inexcusable de reproduire » (note VIII,2). « Nous avons suppléé à cette omission assez grave de Virgile. » (VIII,3). « Il est si rare d'avoir de l'avantage sur Virgile qu'il est bon quelquefois de le faire remarquer. » (note IX,6). « Nous sommes surpris que Vigile n'y ait pas songé » (note XII,28), etc.
On pourrait multiplier les exemples des critiques portant sur l'infimes détails du texte de Virgile :
– Par exemple, au livre II, il est dit que Sinon a été saisi et amené par des bergers ("pastores Dardanidae", v. 58); or d'Autroche fait remarquer que, dans les campagnes dévastées autour de Troie, il n'y avait certainement plus ni troupeaux ni bergers, puisque les Grecs, pour se procurer des vivres, ont dû aller jusqu'en Thrace. Pour cette raison, dans son "plan de refonte" il aurait remplacé les bergers par des militaires.
– A la fin du livre III, Enée achève le long récit de ses aventures par ce vers : Hinc me digressum vestris deus appulit oris. » (Quant je partis de là, un dieu me poussa vers vos rivages) ; puis il se tait (conticuit). D'Autroche est choqué par cette fin trop abrupte, par ce « manque de convenance » contraire aux usages de la civilité : il fallait, dit-il, terminer par un compliment à la reine; et il propose : « Lorsqu'un Dieu tout à coup me portant sur vos bords / D'éprouver vos bontés, grande Reine, à Carthage / Et de vous admirer m'a fourni l'avantage. »
D'Autroche dit être sûr que Virgile, s'il en avait eu le temps, aurait opéré ces modifications, de même qu'il aurait probablement « fait disparoître l'inutile métamorphose des vaisseaux en Nymphes, et la table mangée, puérilité dont la suppression eût entraîné celle de l'histoire des Harpies, qui dépare et salit le troisième livre. »
Il ne cache pas qu'il est très satisfait de son travail, bien supérieur, selon lui, aux « maussades traductions en prose » (note XI,25). « J'ai appris toute l'Enéide par cœur, et je l'ai traduite, presque toute entière, de mémoire. Si l'on y trouve de l'aisance, une narration naturelle et rapide, des transitions heureuses, tous les objets enfin bien à leur place, et dans leur vrai jour ; si rien n'y paraît gauche, obscur, entortillé et guindé ; si tout s'y fait lire sans fatigue, et avec une partie de l'attrait et de l'intérêt qu'inspire l'original, c'est à la méthode que j'ai adoptée que j'en aurai été redevable. » (note IX,15)
Allant plus loin, d'Autroche, au lieu d'une simple traduction, avait d'abord eu le projet de « retravailler » l'Énéide (note VIII,6), « d'en donner une nouvelle édition telle que Virgile aurait pu composer son poème si une plus longue vie lui eût permis de mettre la dernière main à l'ouvrage, faisant disparaître les choses faibles ou inutiles qu'on a pu lui reprocher et y joignant celles qu'il aurait ajouté sans doute pour rendre Énée plus intéressant. » Dans ce "plan de refonte " de l'Énéide (tome I, p. 344), non seulement auraient été corrigées les maladresses et les invraisemblances du texte de Virgile, mais surtout auraient été fondues « les pricipales beautés de l'Iliade, de l'Odyssée et toutes celles de l'Énéide » (Discours préliminaire) : par exemple, Lavinie aurait été "amoureuse du héros troyen", Turnus aurait été "plus épris encore de la gloire que des femmes", Énée aurait rencontré Ulysse, etc.
Cette pratique de la réécriture n'avait rien d'excptionnel à cette époque
On a de nombreux exemples d'œuvres classiques réécrites, non seulement pour les rendre idéologiquement et moralement conformes, mais encore pour satisfaire une critique tatillonne. Flaubert se déchaînera contre ces gens dans le métier est « d'être toujours à chercher des poux dans la crinière des lions » (lettre à Louise Colet du 14 mars 1853).
– En 1668, Subligny prétend qu'il faut entièrement refaire l'Andromaque de Racine, dans laquelle il a repéré « près de trois cents fautes ».
– En 1760, Marmontel publie le Venseslas de Rotrou « retouché » par ses soins.
– En 1769, Le Tourneur publie une traduction des Nuits d'Young, dans laquelle, il le reconnaît dans le Discours préliminaire, il a beaucoup élagué, mis au rebut, reclassé, reonstruit…
– En 1769, la Comédie Française donne une représentation de l'Iphigénie de Racine dont la dernière scène a été réécrite par Germain François Poullain de Saint-Foix : on montre sur la scèene ce qui, dans la tragédie, est seulement raconté par Arcas et par Ulysse.
– En 1769, Lessing, dans sa Dramaturgie de Hambourg, affirme que, s'il se chargeait de refaire les pièces de Corneille, il les rendrait assurément meilleures.
– En 1794, Michel de Cubières-Palmézeaux propose une réécriture de la Phèdre de Racine dans un Hippolyte, tragédie en trois actes.
– En 1801, Jean-François Calhava de l'Estandoux, affligé de constater les insuffisances du Dépit amoureux de Molière, "rétablit" la pièce en cinq actes, avec un argument qui ressemble à celui qu'utilisera d'Autroche : Molière l'aurait fait si son génie ne l'avait pas forcé d'aller toujours en avant et lui avait permis de donner à cette pièce quelques-unes de ses veilles.
– En 1805, François Andrieux publie une liste de changements faits à la tragédie de Nicomède de Corneille et propose un changement pour Polyeucte.
– En 1808, J. Nasse-Lamothe a la prétention de perfectionner L'Art poétique de Boileau en y apportant des changements qu'il jugeait essentiels.
– En 1833, est publiée, par Joseph de Maistre, une traduction du dialogue de Plutarque Sur les délais de la justice divine, dans laquelle il avait cru pouvoir apporter des améliorations en changeant la forme et en développant certains points.
Ce qui a valu toutes les critiques adressées à d'Autroche par sa traduction, ce sont moins ses infidélités volontaires au texte de Virgile que l'illusion qu'il avait d'améliorer le texte de l'Énéide et surtout son projet d'en faire une réécriture.
Conclusion
Monarchiste, grand propriétaire terrien, Claude Deloynes d'Autroche fut un homme apprécié de ses contemporains, en particulier pour les travaux qu'il entreprit pour améliorer son domaine de La Porte et pour l'intérêt qu'il porta à la mise en valeur des terres de Sologne.
Homme cultivé, il voulut surtout se faire une place dans le petit monde des érudits et des sociétés savantes en essayant, en toute bonne foi, d'imposer ses vues sur la manière de traduire les œuvres du passé. La Révolution lui fit perdre une quinzaine d'années, et c'est âgé de 60 ans qu'il se fit connaître par des productions qui, il faut le reconnaître, n'eurent pas grand succès et furent vivement critiquées.
Dans l'Orléanais de cette époque, il laissa le souvenir d'un homme attristé par la perte des valeurs chrétiennes, par l'influence croissante des "philosophes", par les horreurs de la Révolution. Il multiplia les aumônes entre le séminaire d'Orléans, la maison de la Providence, les églises, en particulier celle de Sandillon. Dans son testament, il prit ses dispositions pour que les secours donnés pendant sa vie à la maison de la Providence et aux établissements de bienfaisance d'Orléans leur soient continués après sa mort.
Voir :
– Baguenault de Viéville, Deux poètes orléanais au XIXe siècle [Claude Deloynes d'Autroche et Daniel De Loynes de Gautray], dans "Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans", 1855, p. 246-270 - Gallica]
– Guy Dandurand, Claude Deloynes d'Autroche (1744-1823), dans "Mémoires de l'Académie d'Orléans", tome 14, 2004, p. 41-49.
– Guy Dandurand, Claude Deloynes d'Autroche (1744-1823), dans Écrire en Orléanais au XVIIIe siècle, une anthologie, L'Harmattan, 2007, p. 161-173.
* Le catalogue de la BnF attribue deux ouvrages anonymes – Les Mérinos français et La Conquête du Mexique – à Claude Deloynes d'Autroche, suivant en cela le Dictionnaire des ouvrages anonymes par Ant.-Alex. Barbier (t. I, éd. 1872, col. 694 et t. III, éd. 1875, col. 274). Mais Baguenault de Viéville (suivi par le catalogue de la Médiathèque d'Orléans) attribue ces deux ouvrages à un auteur d'une autre branche de la famille Deloynes, Daniel Deloynes de Gautray, né à Orléans en 1772 et mort en 1853.