DE LA MYTHOLOGIE À AUJOURD'HUI : HISTOIRES DE SANG CHEZ LES ANTIQUES
A la librairie "Les Temps Modernes", le samedi de 10 h 30 à 12 h.
- Samedi 03 octobre
- Samedi 14 novembre
- Samedi 05 décembre
- Samedi 16 janvier
- Samedi 13 février
- Samedi 20 mars
- Samedi 10 avril |
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- Samedi 03 octobre : Présentation générale (avec P.-A. Caltot, N. Laval-Turpin, C. Malissard, D. Marchand, Ph. Maupaté, M. Mercier)
- Samedi 14 novembre : Sève et Sang, ou comment les Anciens associaient ces fluides de vie et de mort, entre mondes végétal et animal (D. Marchand)
- Samedi 05 décembre : Électre et sa logique du sang, une héroïne tragique "victime" d'une loyauté extrême à l'image paternelle ? (N. Laval-Turpin)
- Samedi 16 janvier : Patrum sanguis, les liens du sang dans l'aristocratie romaine, une jalouse préservation de leur légitimité politique et sociale (Ph. Maupaté)
- Samedi 13 février : De sang et de feu : Héraclès et la tunique de Nessos. Quel usage Sophocle et Sénèque après lui font-ils du motif du sang empoisonné du fameux Centaure ? (M. Mercier)
- Samedi 20 mars : Champ de bataille à Rome, un théâtre du sang. Vecteur des valeurs triomphantes de la gloria et de la virtus, jusqu'à ce que les guerres civiles (I.A.C.) viennent interroger ces vecteurs puissants de la romanité. (P.-A. Caltot)
- Samedi 10 avril : Synthèse et ouvertures… (avec P.-A. Caltot, N. Laval-Turpin, C. Malissard, D. Marchand, Ph. Maupaté, M. Mercier)
Cette année, notre atelier portera sur le rôle et la place du sang dans la mythologie, la littérature et l'histoire antiques. Matière organique polysémique, le sang permet de situer dieux, héros et simples mortels dans l'Antiquité.
De fait, le sang participe de la condition de l'homme mortel. Mais qu'en est-il du sang venimeux ou malsain des monstres et du sang des dieux ? D'ailleurs, les dieux saignent-ils et saignent-ils du sang ou de l'ichôr, cette mystérieuse substance qui apparaît dans l'Iliade ?
Le sang permet d'abord de se situer dans un lignage vertical, il est condition de la génération et vecteur de la généalogie. C'est lui qui fait les héros puisque, dans l'Antiquité, le héros a la moitié de sang divin, et qui fait les rois. C'est aussi pour éviter un "mélange des sangs" qu'est formulée l'interdiction du mariage entre plébéiens et patriciens au début de la République romaine. Le sang se situe aussi dans un lignage horizontal et pose le problème des frères ennemis, mythème structurant en Grèce et à Rome, que l'on songe à Étéocle et Polynice ou à Rémus et Romulus : faire couler le sang de son propre frère ne relève-t-il pas d'une forme de suicide ? Et que dire du principe même de guerre civile ?
A contrario, vaincre l'ennemi et faire couler son sang participe d'une victoire sur l'altérité et d'une justification du kléos en Grèce ou de la gloria à Rome, c'est-à-dire de l'assurance de rendre son nom mémorable. Ainsi, au moment de défiler à Rome durant le triomphe, le général romain porte le visage maquillé de rouge, symbole du sang ennemi qu'il a fait couler. Cérémonie à la fois politique et religieuse, le triomphe nous invite à nous pencher sur la place qu'occupe le sang lors des sacrifices animaliers.
Du sang public et guerrier, nous passerons au sang intime et familier, le sang qui s'écoule naturellement – menstruations – ou lors des opérations médicales.
Omniprésnt, le sang est donc investi d'une valeur politique, culturelle, sociale et religieuse de premier plan, en Grèce comme à Rome. Nous aurons l'occasion de nous interroger sur les termes qui le signifient, sur sa symbolique et même sur sa couleur, puisqu'il est vrai que les Grecs ne le voyaient pas tant rouge, comme nous, que noir !
Biblographie suggérée :
– Bernard Jean, Le sang et l'histoire, 1983
– Bertrand Jean-Marie (dir.), La violence dans les mondes grec et romain, Paris, 2005.
– Bodiou Lydie et Mehl Véronique, Rouge sang. Crimes et sentiments en Grèce et à Rome, Paris, 2015.
– Bodiou Lydie et Mehl Véronique (dir.), L'Antiquité écarlate. Le sang des Anciens, Rennes, 2017.
– Burkert Walter, Homo necans. Rites sacrificiels et mythes de la Grèce ancienne, Paris, 2005.
– Charler Philippe, Male mort. Morts violentes dans l'Antiquité, Paris, 2009
– Duminil Marie-Paule, Le sang, les vaisseaux, le coeur dans la Collection hippocratique : anatomie et physiologie, Paris, 1983.
– Georgoudi Stella, Koch Piettre Renée, Schmidt Francis (dir.), La cuisine et l'autel. Les sacrifices en questions dans les sociétés de la Méditerranée ancienne, Turnhout, 2005.
– Jacquemin Le Verne Hélène, Le Sang des femmes. Tabous, symboles et féminité, Paris, 2002.
– Mathieu-Castellani Gisèle, Narcisse ou le sang des fleurs: les mythes de la métamorphose végétale, Genève, 2012. |