SAISON 2026 - 2027 Présentations et Comptes rendus
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Mardi 22 septembre 2026 Ambassadrices d'Europe : un regard historique sur la diplomatie féminine en Autriche et en France conférence par Julie Anne DEMEL
Julie Demel est agrégée d'allemand. Elle a étudié au Collège d'Europe à Natolin (Pologne). Après avoir travaillé un an à l'ambassade de France en Autriche et à la Commission européenne, elle s'est intéressée aux relations diplomatiques et européennes et en particulier au rôle que certaines femmes ont joué sur le plan diplomatique pour aider au rapprochement des peuples comme par exemple Bertha von Suttner, Bertha Zuckerkandl ou encore Louise Weiss. Elle a publié en 2013, aux éditions Peter Lang, les conclusions de sa thèse : Regard historique sur la diplomatie féminine en Autriche et en France, de la paix des Dames (3 août 1529) au traité de Lisbonne (13 décembre 2007).
Elle est l'auteur de « Les femmes "diplomates" en Europe de 1815 à nos jours », Encyclopédie d'histoire numérique de l'Europe, à voir à l'adresse : https://ehne.fr/fr/node/12323 Exclues de la politique, les femmes s'immiscent dans le secret de la diplomatie lors des mondanités du congrès de Vienne de 1815, dans les salons intellectuels et, à partir de 1830, dans les ambassades à l'ombre de leur époux. Au lendemain de la Grande Guerre, la carrière diplomatique s'ouvre progressivement à elles, mais les résistances des hommes qui regardent la diplomatie comme leur pré carré expliquent la lenteur de la féminisation de la profession. |
Mardi 13 octobre 2026 La poétesse grecque Sappho conférence par Danielle BASSEZ
Danielle Bassez est née à Châteauroux en 1946. Après des études à l'Ecole Normale Supérieure de Fontenay et à la Sorbonne, elle est agrégée de Philosophie et a enseigné à Vizille (près de Grenoble). Depuis 2015 elle est docteur en Études néo-helléniques (avec une thèse sur Benjamin Appert). Elle réside actuellement à Orléans. * Sappho est une poétesse grecque née vers -630 dans une famille aristocratique. Elle a vécu à Mytilène sur l'île de Lesbos. Pour des raisons politiques, elle a été un temps exilée en Sicile. Elle avait regroupé autour d'elle quelques jeunes filles qui se préparaient au mariage en chantant et jouant de la musique. Bien que mariée et mère, elle exprime souvent dans ses poèmes son amour pour les jeunes filles (de là les termes de saphisme et de lesbianisme). Son oeuvre, très célèbre dans l'Antiquité, ne nous est parvenue qu'à l'état de fragments. Son thème favori était la passion amoureuse. Elle composa aussi des épithalames, chantés lors des mariages. On connaît surtout d'elle une Ode à Aphrodite, le seul poème qui nous soit parvenu complet. |
Mardi 3 novembre 2026 Tolkien et la mémoire de l'Antiquité conférence par Isabelle PANTIN et Sandra PROVINI
Isabelle Pantin est professeure émérite de littérature à l'ENS et membre de l'Institut d'Histoire moderne et contemporaine. Elle s'intéresse aux relations entre poésie, fiction et pensée cosmologique. Travailler sur l'humanisme lui a permis de rester proche des Grecs et des Latins. Elle est l'auteur de Tolkien et ses légendes (CNRS, 2009). Sandra Provini a publié plusieurs articles sur les réécritures d'épopées antiques en fantasy. Elle a dirigé, avec Mélanie Bost-Fievet, L'Antiquité dans l'imaginaire contemporain, fantasy, science-fiction, fantastique (classiques Garnier, 2014). Cet ouvrage, issu d'un colloque international, associe des chercheurs de différentes disciplines pour explorer les modalités variées de la réception de l'Antiquité gréco-latine dans les genres de l'imaginaire contemporains, de la réécriture à la reprise de motifs mythiques, de l'emprunt de realia au détournement. Elles viennent de publier Tolkien et la mémoire de l'Antiquité (Belles-Lettres, 2025), dans lequel elles mettent en lumière l'empreinte de la culture grécolatine sur le monde légendaire créé par Tolkien (Le Hobbit en 1937 et Le Seigneur des Anneaux en 1955).
L'oeuvre de Tolkien est souvent vue comme fondatrice de la fantasy médiévaliste. Elle est volontiers rapprochée de l'imaginaire celtique et scandinave, et étudiée par des spécialistes de la culture anglo-saxonne médiévale. Adoptant une autre perspective, Tolkien et la mémoire de l'Antiquité pose la question de l'empreinte de la culture gréco-latine sur le monde légendaire créé par l'auteur du Seigneur des Anneaux. Cette approche est justifiée par la formation classique que Tolkien avait reçue, par son intérêt pour l'archéologie des mondes anciens et par sa connaissance de la pensée antique, notamment telle qu'elle transparaît dans les écrits des clercs médiévaux qu'il étudiait. De plus, la Terre du Milieu qu'il a créée s'étend sur un territoire analogue à celui de l'écoumène des Anciens, et certains de ses peuples rappellent d'antiques civilisations méditerranéennes. Enfin, de nombreux motifs de l'oeuvre, mythologiques, dramatiques, poétiques trouvent des correspondances dans les littératures grecque et romaine. En dressant la première synthèse sur le sujet, Isabelle Pantin et Sandra Provini mettent en lumière la façon dont la mémoire de l'Antiquité ajoute une profondeur et des résonances particulières à une oeuvre qui refuse tout référent précis. Elles permettent d'enrichir la (re)lecture des oeuvres de Tolkien et d'observer un bel exemple de la vie posthume du monde antique. |
Mardi 1er décembre 2026 Dieux grecs et dieux celtiques conférence par Bernard SERGENT
Bernard Sergent, agrégé d'histoire, a soutenu une thèse de doctorat sur La royauté mycénienne. Il a enseigné dans le secondaire de 1975 à 1988, puis a été recruté comme chercheur au CNRS. Il est président de la Société de mythologie française depuis 1992. Les travaux de mythologie comparée dans le domaine indo-européen permettent de découvrir un grand nombre de parentés entre mythologies celtique et grecque.
Dans le premier volume, Celtes et Grecs I, le livre des héros (Payot, 1999), qui explore les mythes portant sur les héros, Bernard Sergent dévoile progressivement un grand pan de mythologie, de poétique et de théologie indo-européennes. Le plus célèbre des héros irlandais, Cúchulainn, présente des points communs nombreux et précis avec trois héros grecs : Achille, Bellérophon et le roi légendaire athénien Mélanthios. Avec le premier surtout, le parallélisme est tel qu'il permet la comparaison des épopées respectives, la Tain Bo Cualnge et l'Iliade : il a existé en somme une « pré-Iliade» dont le héros, ancêtre à la fois d'Achille et de Cúchulainn, était déjà le personnage principal. Une autre comparaison porte sur deux figures plus obscures, l'Irlandais Celtchar et le Grec Képhalos. Tous les éléments qui les définissent sont identiques, quoique leurs mythes soient différents, et Celtchar/Képhalos se révèle à l'analyse semblable au grand dieu impulseur du soleil connu dans la théologie indienne. Dans Le livre des dieux, Celtes et Grecs II (Payot, 2004) B. Sergent passe aux panthéons : ce ne sont pas seulement des mythes qui se ressemblent, mais des figures divines qui sont communes aux Grecs anciens et aux populations celtiques. A chaque fois, la nature des points communs exclut qu'il s'agisse d'emprunts (des Celtes aux Grecs, par exemple), car les textes irlandais et gallois, et les figurations d'époque gallo-romaine, comprennent des détails qui sont absents des textes grecs. Il s'agit donc nécessairement d'un héritage commun : tous les dieux et démons comparés dans ce livre représentent un patrimoine théologique partagé entre les Grecs et les Celtes. |
28, 29, 30 janvier 2027 En partenariat avec le cinéma Les Carmes, « Festival peplum » sur le thème de l'Odyssée d'Homère. |
| Mardi 16 mars 2027
La Chanson de Roland conférence par Philippe HAUGEARD
Philippe Haugeard est professeur de Langue et Littérature françaises du Moyen Âge à l'Université d'Orléans, animateur du Groupe de recherche sur l'Épique. Il est l'auteur d'un article "Mensonge et trahison dans la chanson de geste : l'exemple de la Chanson de Roland", publié dans : Fabrice Wilhem, Figures littéraires du mensonge, Presses Universitaires de Besançon, 2018 (pp. 75-87). On peut le lire à l'adresse : https://shs.hal.science/halshs-03010690/ |
Jeudi 15 avril 2027 Les limites de notre civilisation thermo-industrielle 200 ans après Nicolas Sadi Carnot conférence par Benjamin BRADU
Benjamin Bradu est physicien appliqué au CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) ; il est responsable du système cryogénique de l'accélérateur de particules LHC. L'année 2024 a marqué le bicentenaire d'un ouvrage scientifique majeur qui a profondément transformé notre civilisation : Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, par le physicien Sadi Carnot. Considéré comme l'acte fondateur de la thermodynamique, cet ouvrage a joué un rôle déterminant dans l'essor de la première révolution industrielle et demeure aujourd'hui d'une étonnante actualité. À l'heure où notre civilisation technologique est confrontée aux limites physiques de la planète, à l'épuisement des ressources et aux défis du changement climatique, la pensée de Sadi Carnot offre des clés essentielles pour comprendre les enjeux énergétiques contemporains. Ses travaux éclairent des questions aussi fondamentales que le fonctionnement de notre civilisation thermo-industrielle, la sobriété énergétique, les énergies renouvelables ou encore la transition énergétique. Visionnaire, Sadi Carnot mérite d'être mieux connu du grand public. Cette conférence propose de redécouvrir ses écrits à la lumière des défis environnementaux, énergétiques et sociétaux du XXIᵉ siècle, afin de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et les choix qui s'offrent à nous. On peut lire le texte intégral de l'ouvrage de S. Carnot sur Wikisource, à l'adresse : * Voir : Gilles Bertrand dir., Chaleur, énergie, thermodynamique, le message de Carnot aujourd'hui… 200 ans après, 22 articles, éd. EUD, 2025.
Cet ouvrage offre un tour d'horizon très documenté : définitions rigoureuses de l'énergie et de l'entropie, extensions prometteuses vers le monde quantique, potentialités de l'énergie solaire, devenir de notre planète aux ressources limitées. Notre approche de l'énergie et de ses modes de conversion est encore marquée profondément par les retombées du message visionnaire de Carnot de 1824. Notre planète est la grande machine énergétique qui transforme le rayonnement solaire en chaleur, en mouvements et en vie. Quelle vision globale développer pour la transition énergétique et la conversion du fossile vers les nouvelles énergies ?
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