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Mercredi 12 février à 18 h, au Théâtre d'Orléans, salle du CDN

Conférence d'Alexandre GRANDAZZI

"LA GRANDE ROME DES TARQUINS" : MYTHE OU RÉALITÉ ?

La tradition antique attribue aux rois auxquels elle donne le nom de Tarquin un rôle fondamental dans le développement de Rome. Or, depuis une cinquantaine d'années, l'archéologie a mis au jour nombre de vestiges datables de la période dite archaïque (VIIe-VIe siècles av. J.-C.). Est-il possible de faire directement le lien entre les textes et les pierres? A quelles conditions et avec quelles conséquences pour la connaissance d'ensemble de la Rome des origines? C'est ainsi le tableau d'un savoir aujourd'hui totalement renouvelé qui sera proposé à la réflexion des auditeurs de cette conférence.

Alexandre GRANDAZZI – ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure de la Rue d'Ulm et ancien élève de l'Ecole Française de Rome – est professeur de langue et littérature latines à Sorbonne-Université (Paris IV-Sorbonne), où il dirige l'Institut de Latin.
Ses recherches portent principalement sur la religion romaine, des époques archaïque et classique, et sur la géographie et l'archéologie de Rome dans l'Antiquité.

Alexandre Grandazzi est notamment l'auteur des ouvrages suivants :
La Fondation de Rome : Réflexion sur l'Histoire, Les Belles Lettres, 1991
Les Origines de Rome, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2003
Alba Longa, histoire d'une légende : recherches sur l'archéologie, la religion, les traditions de l'ancien Latium, Ecole Française de Rome, coll. BEFAR, 2008
Une certaine idée de la Grèce, Paris, 2013 (en coll. avec Jacqueline de Romilly)
Urbs. Histoire de la ville de Rome des origines à la mort d'Auguste, Perrin, 2017, prix Chateaubriand


Cette conférence sera suivie, à 20 h 30, d'une représentation au CDN de la pièce

LE RÈGNE DE TARQUIN

drame lyrique pour chanteurs, comédiens, cantate de Haendel et orchestre de bal.
Livret de Aram Kebabdjian, musique de Florent Hubert, mise en scène de Jeanne Candel.

Il s'agit d'une relecture du mythe fondateur de la république romaine où le fils de Tarquin Le Superbe, dernier roi de Rome, a violé Lucrèce. S'y ajoute une autre référence, celle de Joseph Mengele, médecin en chef d'Auschwitz, coupable de crimes abominables, qui a réussi à s'enfuir en Amérique du sud où il est mort. Ses restes ont été découverts dans un cimetière brésilien.
L'action s'articule entre deux strates temporelles. L'une au présent expose l'enquête destinée à identifier les restes supposés du Genéral Tarquin. L'autre se présente comme une réminiscence. Sur un air de tango déglingué, du cimetière à la loge d'une salle de spectacle en passant par la salle de bains, c'est toute une société qui cherche à se purifier et se reconstruire.
Ainsi le mythe de Lucrèce, déformé par l'histoire contemporaine brille dans la forêt amazonienne comme une preuve de la perpétuité du mal.