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Mardi 9 octobre 2018, à 18 h au Musée des Beaux-Arts

Geneviève HAROCHE

L'ÉDUCATION DES FILLES ENTRE LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

L'EXPÉRIENCE D'HENRIETTE CAMPAN


 

GENEVIÈVE HAROCHE-BOUZINAC

Professeur de Littérature française à l'Université d'Orléans, elle travaille sur la littérature de l'âge classique; elle s'intéresse particulièrement aux correspondances et aux mémoires, ainsi qu'aux vies d'artistes.

Quelques-unes de ses publications :

• Voltaire dans ses lettres de jeunesse 1711-1733, la formation d'un épistolier au XVIIIème siècle (1992)
• Lettres d'Amour, Anthologie (
1993)
• L'Épistolaire (
1995)
• Essai sur la nécessité et sur les moyens de plaire et de se conduire dans le monde, édition critique du traité de François Paradis de Moncrif, 1738 (
1998)
• Louise Élisabeth Vigée Le Brun, Souvenirs, édition présentée et annotée (
2008)
• Louise Élisabeth Vigée Le Brun, histoire d'un regard (
2012)
• La vie mouvementée d'Henriette Campan, comment la femme de chambre de Marie-Antoinette révolutionna l'éducation des femmes (Flammarion)

Le portrait d'Henriette Campan par Joseph Boze (1786)
est à Versailles, au Musée de l'histoire de France


QUI ÉTAIT HENRIETTE CAMPAN ?

 

Henriette Genet, née à Paris en 1752, est nommée, dès l'âge de 16 ans, lectrice des filles de Louis XV. Puis la jeune reine Marie-Antoinette la choisit comme première femme de chambre.

A 22 ans, elle épouse Pierre Berthollet dit Campan, dont elle a un fils dix ans plus tard.

Elle suit Marie-Antoinette aux Tuileries, puis jusqu'aux portes de la prison du Temple.

Durant la Terreur, ayant subi de nombreux deuils, elle se cache dans la vallée de Chevreuse avec sa mère, ses soeurs, son fils et ses nièces.

Après la chute de Robespierre, en 1794, elle fonde un pensionnat pour jeunes filles à Saint-Germain-en-Laye. Durant onze années, elle élève avec succès les filles des cadres du Consulat en leur donnant du goût, des principes, de l'ambition, en cultivant leurs talents.

Le 3 septembre 1807, l'Empereur la nomme surintendante de la Maison impériale d'éducation d'Ecouen, destinée aux filles des décorés de l'ordre de la Légion d'honneur. Henriette Campan y mène une expérience éducative de grande envergure.

Après l'abdication, le château d'Écouen revient à la famille de Condé. Henriette Campan, bénéficiant de l'amitié de ses anciennes élèves, s'installe à Mantes, où elle prend la plume pour écrire ses souvenirs.

Sur sa tombe, est gravée cette épitaphe: "Elle fut utile à la jeunesse"

* *

Prenant pour exemple le Saint-Cyr de Mme de Maintenon, Henriette Campan entendait promouvoir un modèle d'enseignement destiné à former des femmes capables d'autonomie : épouses et mères, mais aussi administratrices de leur maison et de leurs biens, cultivant les arts d'agrément en même temps que dotées de solides notions d'histoire et de langues étrangères.

Devant le sucès de son entreprise elle s'est rêvée en surintendante d'un réseau de maisons d'éducation s'étendant à tout le Grand Empire. Elle écrivit en 1810 : "Nous sommes une espèce d'université de femmes, où la jeunesse de notre sexe doit être élevée et où doit se former en même temps une école normale de femmes enseignantes qui se répandront non seulement dans l'Empire français mais dans toutes les écoles étrangères formées à l'imitation de la France".

* *

BIBLIOGRAPHIE :

– Lettres de deux jeunes amies, 1811 — Ces lettres, décrivant sa vie à Écouen, ont été rééditées dans les Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette.

– Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, 1822. Consultable sur gallica :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2050396/f1.image

– De l'éducation, suivi des Conseils aux jeunes filles, d'un théâtre pour les jeunes personnes et de quelques essais de morale, 1824.

– Journal anecdotique de Mme Campan, ou Souvenirs recueillis dans ses entretiens, 1824 — Ces souvenirs ont été recueillis et publiés par Pierre Maigne ; ils sont suivis d'une correspondance inédite de Mme Campan avec son fils.

– Théâtre d'éducation, 1826.

– Manuel de la jeune mère ou Guide pour l'éducation physique et morale des enfants, 1828.

– Correspondance inédite de Mme Campan avec la reine Hortense, 1835 — Publié par Jean Alexandre Buchon.

Les Soirées d'Écouen, 1859 — Ouvrage publié par Stéphanie Ory (pseudonyme de Just-Jean-Étienne Roy).

– Mémoires de Madame Campan, Mercure de France, coll. Le Temps retrouvé, 1988.


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