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Du 11 au 23 avril 1998
 

De Beyrouth à Pétra

Voyages culturels
 

Sous la direction de notre président Alain Malissard, avec le concours de la « Compagnie des Voyageurs » de Besançon, ce voyage nous a fait traverser le Liban, la Syrie et la Jordanie, jusqu’aux bords de la Mer Rouge.

Nous en rappelons les étapes essentielles :

  • Beyrouth, la vallée de la Kadisha et les Cèdres ;
  • Tripoli et Byblos Baalbeck, Zahlé et Anjar ;
  • Bosra et Amman ;
  • la vallée du Jourdain et les villes de la Décapole, Uni Queis, Irak el Amir une journée à Jérash ;
  • les châteaux du désert, Madaba et le mont Nébo ;
  • Ummek Rasas, Kérak, Shubak ;
  • une journée et demie à Pétra ;
  • le Wadi Rum, Aquaba et la Mer Morte.

Le 4 mai 1999 a été présentée une rétrospective en images de ce voyage sous le titre "De Byblos à Pétra".

Ce fut un voyage à la fois géographique (exactement de Beyrouth à Akaba, à travers le Liban, la Syrie et la Jordanie) et historique, depuis les Phéniciens jusqu’à l’époque des Croisades, en survolant plus de cinq millénaires. Le plupart des sites, Byblos, Tripoli ou Amman, révèlent toutes les strates des civilisations successives, l’empreinte romaine impériale étant la plus présente.

Baalbek et Jérash ont été les temps forts de la première partie de cette visite. Baalbek — à l’extrémité nord de la grande plaine fertile de la Bekaa (souvent citée lors de la guerre du Liban), ayant pour toile de fond la chaîne du Liban enneigé vue dans l’encadrement des colonnes magistrales du temple de Jupiter — reste le lieu qui impressionna le plus les voyageurs du XIXe siècle, à commencer par Lamartine.

Jerash — cette cité construite par les empereurs, notamment par Hadrien, dont le très célèbre forum ovale témoigne de la savante maîtrise des architectes de l’époque dans l’aménagement de l’espace — renferme des richesses incomparables, comme le temple d’Artémis et celui de Dionysos, devenu cathédrale au IVe siècle.

On ne peut imaginer un voyage aux lisières du Jourdain, même si l’on ne pénètre pas en Israël, sans évoquer la Bible, que ce soit au mont Nebo, à Amman, dont le musée conserve les célèbres manuscrits de Qumran, à Machéronte, ou devant les paysages minéraux du Wadi Mujibe, ou à Madaba, où fut conservée cette étonnante mosaïque représentant la première carte imagée de l’Orient. Cette évocation a été faite de manière magistrale par Mme G. Dadou, évocation agrémentée de lectures d’extraits de l’Ancien Testament, de Victor Hugo et de Flaubert.

Après l’intermède des châteaux du désert — Azraq, qui est devenu le Q.G. de Lawrence d’Arabie, Qsar Amra et ses précieuses fresques, Karaneh, construction omeyyade, Kérak, Shaubaq, qui fait penser au Krak des Chevaliers — et après le passage obligatoire au Wadi Rum, nous sommes arrivés au terme du voyage, dans ce lieu mythique s’il en est, ancienne capitale du royaume des Nabatéens : Petra. En dépit de la célébrité de l’endroit et de sa médiatisation, on ressent une émotion profonde quand, après avoir cheminé dans la gorge étroite du Siq — que les rares explorateurs de la fin du XIXe siècle comparaient à l’Enfer de Dante — on découvre, dans une échancrure lumineuse, le Kazneh Firaoun, « le trésor du Pharaon », mausolée d’Arctas IV, tombeau-temple du Ier siècle, bel exemple d’un art qui unit la Grèce classique, le baroque alexandrin et une inspiration orientale.