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Du 25 octobre au 5 novembre 2007

  À découverte de

la Libye antique

Voyages culturels
 
  • 25 octobre : Paris - Tripoli — Benghazi (par avion).
  • 26 octobre : Benghazi (visite de la ville) - Ksar Libya (l’ancienne Theodorias, visite du site et du musée de mosaïques byzantines) - visite du site d’Apollonia, nuit à Al Bayda.
  • 27 octobre : visite du Musée et du site de Cyrène (sanctuaire de Zeus, agora, théâtres, gymnase, palestre, sanctuaire d’Apollon, route des tombeaux) — départ pour Salantah (sanctuaire primitif des dieux autochtones), Ksar Beni Gdem (fortin du limes de Septime Sévère).
  • 28 octobre : route de la Cyrénaïque en direction de l’est - basiliques byzantines de Ras-el- Hilal et d’El Atroun (ancienne “Erythron”) Darnah (site inattendu de la cascade), retour à El Bayda.
  • 29 octobre : Ptolemaîs : visite du site (arc de Constantin, tétrapyle, citernes monumentales), visite du Musée (célèbre mosaïque d’Orphée), Taucheira (ancien port et fort byzantin).
  • 30 octobre : vol Benghazi/ Tripoli - départ pour la côte ouest : visite du site de Sabratha (mausolée punique forum, basilique dite d’Apulée, Serapeum, thermes de la mer… et le summum de la visite : le théâtre monumental et son célèbre “frons pulpiti”) — l’après-midi : visite du musée romain (dont le pavement de la basilique de Justinien ) et du musée punique.
  • 31 octobre : retour à Tripoli : visite du Musée National (salles romaines et byzantines, étage consacré au Raïs); visite de la ville : médina et souks, mosquée Mustapha Gorgi, arc de Septime Sévère, rue des Français, quartier italien.
  • 1er novembre : départ de l’Hôtel Dar el Telil, au bord de la mer - route du désert - arrêt aux greniers collectifs (XIV° s) de Kasr el Adj, visite du site de Nalut (ghorfas habités jusqu’en 1979) - arrivée au soleil couchant à l’oasis de Ghadamès et à l’hôtel Dar Ghadamès.
  • 2 novembre : journée à Ghadamès : déjeuner dans une maison typique et le soir parcours en 4x4, jusqu’au Kalaat al Ghal ; accueil sous une tente bédouine, montée à la “dune”.
  • 3 novembre : route Ghadamès / Tripoli avec arrêts notamment à Kabaw (greniers “fortifiés”, moulin à huile archaïque) et à Garhyan.
  • 4 novembre : départ de Tripoli pour Lepcis Magna : visite du Musée et du site (tétrapyle, Thermes d’Hadrien, “via colonnata”, forum, marché, basilique sévérienne, théâtre, à l’extérieur : port et amphithéâtre).
  • 5 novembre : vol Tripoli / Paris.

Le jeudi 25 septembre 2008 a été présentée une rétrospective en images sur ce voyage.

Les images ont été prises par MM. Baconnet et Mirloup, lors du voyage de l'association en “Lybie antique” du 26 octobre au 6 novembre 2007, l'avant-dernier jour ayant été consacré à Lepcis Magna (l’orthographe Lepcis est conforme à l’épigraphie, ce qui permet aussi de distinguer ce site d’un Leptis Magna en Tunisie).

Alain Malissard a rappelé brièvement l’histoire de cette cité de Tripolitaine, au départ colonie phénicienne, puis, à partir du VIIIe siècle avant notre ère, habitée par des Puniques venus commercer avec un arrière-pays fertile. Lepcis la Carthaginoise après Zama (en 202) va peu à peu se romaniser : à l’avènement d’Auguste, elle fait partie de la province romaine d’Africa nova et en 100 reçoit le statut de colonie romaine. En 193, Septime Sévère, né à à Lepcis en 146, devient empereur et va faire de sa ville natale un modèle d’urbanisme. À partir du IIIe siècle, ce sera le déclin, rendu encore plus sensible par trois tremblements de terre successifs ; Lepcis disparaîtra vite, dévastée d’abord par les Vandales, puis engloutie sous les sables ; elle ne resurgira qu’à partir de 1920, avec la complicité industrieuse des archéologues italiens et sous l’impulsion du Duce.

L’assistance, déjà conquise dès les premières vues du majestueux tétrapyle, hautement symbolique, dont la décoration de marbre reste encore somptueuse, n’a eu qu’à se laisser guider dans les rues et places de la cité dominant une mer d’un bleu sans tache. Nous avons suivi un court instant la longue rue pavée — le decumanus — qui aboutit à un autre arc de triomphe consacré à Trajan, avant de tourner, en direction de l’est, en suivant ces curieux “phallus à pattes” sculptés sur les murs (qui servaient de poteaux indicateurs avec une fonction apotropaïque), pour découvrir d’abord les thermes monumentaux d'Hadrien avec un frigidarium parfaitement conservé et, un peu plus loin, près de la palestre, les nymphées se faisant face ; le plus grand est orné de frontons et d’architraves extrêmement travaillés.

De là nous avons pu pénétrer dans l’immense forum sévérien de 6000 mètres carrés, avec des portiques à arcades, une basilique monumentale — réplique du Forum de Trajan à Rome. Ce n’est pas seulement la majesté de l’ensemble qui correspond à la “dignitas forensis” voulue par Lucius Septimius Severus, mais les détails des sculptures, comme les médaillons des portiques représentant des Néréides et des têtes de Méduse, ou ces chapiteaux composites dits “pergaméens” qui entraînent l’admiration du visiteur.

La promenade s’est poursuivie, d’abord par le Vieux Forum, puis par le marché, construit à l’aube de notre ère par un notable, Annobal Rufus, unissant à son patronyme punique un nom bien romain : deux bâtiments hexagonaux, à colonnades entourant un étal circulaire, le tout d’un étonnant raffinement pour un ouvrage utilitaire. La découverte archéologique sans doute la plus remarquable — pièce unique ! — a été une table de mesure avec l’équivalence des systèmes punique/grec/romain.

Le même Annobal Rufus a fait édifier non loin de là un théâtre (c’était le premier construit en Afrique) : il est sans doute aujourd’hui moins impressionnant que celui de Sabratha, puisqu’il n’a plus son mur de scène, mais conserve en revanche un élément rare : le portique d’entrée. Quant à l’amphithéâtre, de type néronien, qui pouvait contenir 16000 places, il est situé à l’extérieur de la cité, tout au bord de la mer et non loin du port ; il présente la particularité d’être creusé dans la colline même.

La dernière image était celle d’une belle colonne de cipollin couchée dans le sol, près de la grève, abandonnée par le “vandale” (en réalité vendue par les Ottomans occupant alors la Libye) qui n’était autre que Claude Lemoine, consul de France agissant pour le compte de Louis XIV aux fins de l’embellissement de Versailles. Alain Malissard a ajouté in fine que c’était là ”le symbole d’une ville qui, à son apogée a rivalisé avec Rome, a été sauvée des sables après avoir été pillée, mais dont la grandeur subsiste encore.”