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Du 22 au 28 avril 2006

  À découverte de

l'Angleterre romaine

Voyages culturels
 

Jusqu'à ce jour, nous n'étions allés que vers le sud. Aux limites des possessions romaines nous avons ainsi parcouru les rives de l'Euphrate, les bords de la mer Rouge ou l'extrême sud tunisien. Cette année, c'est vers le nord que nous sommes partis à la découverte — en Grande Bretagne — des marges occidentales de l'empire romain ; les vestiges y sont certainement moins grandioses, mais l'empreinte latine y est demeurée profonde.

Gérard Hocmard nous a guidés sur les sites proprement anglais. Alain Malissard s'est chargé de la partie romaine et nous sommes allés ainsi sur les traces de Jules César et dans les pas de Shakespeare.

Pour ce voyage, nous avons fait à nouveau confiance à Clio.

Le programme a été le suivant :

  • Samedi 22 avril : Orléans - Eastbourne
    • À Douvres, visite de la Painted house, montée au château et tour du phare.
    • Visite de Richborough.
    • À Canterbury, visite du musée romain et de la cathédrale
  • Dimanche 23 avril : Eastbourne - Salisbury
    • Visite de Bignor House ; arrêt à Stane Street (voie romaine) ; visite de Fishbourne Palace.
  • Lundi 24 avril : Salisbury - Bath - Swindon
    • Visite de la cathédrale de Salisbury et tour en ville.
    • Visite de Stonehenge.
    • Visite de Avebury ; coup d'oeil à Silbury Hill.
    • Visite des bains romains de Bath.
  • Mardi 25 avril : Bath - Stratford-upon-Avon
    • Fin des visites de Bath : la collégiale, les quartiers XVIIIe (Queen’s Square, Royal Circus, Royal Crescent, la maison n°1 Royal Crescent).
    • Visite du musée de Corinium et de la villa de Chedworth.
    • Route vers Stratford-upon-Avon à travers les villages des Cotswolds (avec arrêts à Bourton-on-the water et Stow-in-the-world).
  • Mercredi 26 avril : Stratford - Oxford
    • Visite de Stratford : Holy Trinity church, Anne Hathawaw's cottage, Shakespeare's birthplace.
    • Oxford : visite de Christchurch (le collège et la cathédrale), descente à pied vers Magdalen College et visite, remontée en ville et promenade dans le centre.
  • Jeudi 27 avril : Oxford - Londres
    • Visite de Saint Albans : la cathédrale, le musée de Verulamium et le théâtre romain.
    • À Londres, visites de la cathédrale Saint-Paul et du musée de Londres, suivies d'une promenade à pied dans la City (reconstruction du temple de Mithra et vestiges du rempart romain de Londinium).
  • Vendredi 28 avril : Londres - Orléans
    • Visite du British Museum.

La séance du jeudi 12 avril a été consacrée au compte rendu illustré du voyage organisé du 22 au 28 avril 2006 par la section orléanaise et dirigé par le Président Alain MALISSARD et Gérard HOCMARD, professeur de langue et littérature anglaises à la Faculté des Lettres de Tours (et Président de l’Académie d’Orléans).

L’intitulé annoncé :

« Découverte de l’Angleterre romaine »

donnait une vue un peu restrictive du voyage - dont on a suivi fidèlement les étapes, comme dans un journal, car la visite fut aussi riche, voire davantage, en monuments médiévaux qu’en vestiges antiques.

 

Après la présentation de l’itinéraire, lequel a couvert en partie le Sud du pays, de Douvres à Bath, puis de Bath à Stratford, Oxford et retour à Londres, Gérard LAUVERGEON a situé géographiquement l’ensemble, caractérisé surtout par les paysages verdoyants et bocagers de la vieille Angleterre rurale, aux bourgs qui ressemblent à ceux qu’on voit sur les estampes du XIXe.

À partir de Douvres, dont les falaises de calcaire blanc ont donné le nom (célèbre chez nous !) d’Albion, Alain Malissard, devant les photographies de la « Maison peinte », du vieux phare et des murailles de Richborough Castle, a rappelé la conquête romaine de la (Grande) Bretagne : la première arrivée des légions de César en 55 et 54 av. J.C., puis la longue occupation qui dura de 43 jusqu’à la fin du V° siècle (avec une seule interruption, celle de la révolte en 60 de la reine Boudicca). Les vestiges de cette période ne manquent pas : des villas de grande dimension comme le « Roman Palace », près de Chichester, qui s’étend sur 23 hectares avec une centaine de pièces, ou d’autres plus modestes, mais dont les mosaïques au décor stéréotypé, comme ceux des dauphins, des gorgones ou du cycle des saisons, témoigne d’un luxe digne des demeures pompéiennes.

Les sites anglo-romains ont été parfois éclipsés par l’ampleur des grandes cathédrales : ainsi celle de Canterbury, qui fut la première de toutes, fondée en 595. De vastes proportions, elle est dominée par une tour centrale, d’un gothique flamboyant ; sa célébrité vient de ses vitraux issus pour la plupart d’un atelier chartrain et de l’événement considérable que fut l’assassinat de Thomas Beckett le 29 décembre 1170. Une comparaison s’imposait avec la cathédrale de Chichester, d’un gothique primitif très pur et avec celle de l’ancienne capitale que fut Winchester, édifice démesuré, massif où fleurit à l’intérieur le style anglais décoré. Au sortir de ces lieux majestueux et un peu austères, Gérard Hocmard a tenu a détendre ses auditeurs par un détail pittoresque : dans le cimetière de Winchester, le monument le plus visité est la tombe du grenadier Thomas Thetcher, mort à 26 ans après avoir bu de « la petite bière trop froide » (sic!).

Après Salisbury, ville pleine de charme où, au milieu d’un vaste enclos, nous avons admiré la cathédrale construite en moins de 40 ans, dominée par la flèche la plus haute de l’Angleterre, une visite au site de Stonehenge s’imposait : dans ce lieu impressionnant trois civilisations se sont succédé, la plus ancienne étant antérieure de 2000 ans à la fondation de Rome, chacune ayant laissé sa marque avec des pierres — et de quelle taille ! Un monument mystérieux, et dont les constructeurs restent encore énigmatiques… La même interrogation sera posée à Avebury, avec son cercle de pierres dressées sur une quinzaine d’hectares, 700 ans avant Stonehenge…

Les budistes ont tout de même retrouvé leurs repères romains en entrant dans Bath, ou Aquae Sulis, la ville des bains alimentée par une source d’eau chaude, ville de cure et de plaisir pour les troupes d’occupation. Les édifices antiques ont été pour la plupart recouverts par les constructions du XVIIIe, mais on peut dire que l’esprit de l’urbanisme romain s’est retrouvé dans les réalisations de l’architecte John Wood avec ses places circulaires, sa recherche des symétries et son décor de colonnes ioniques et corinthiennes.

De Bath nous avons gagné la région des Costwolds en passant par Circester — l’ancienne Corinium, camp fortifié devenu une cité à plan traditionnel carré, dont le Musée conserve de riches mosaïques, et parmi celles-ci un très bel Orphée.

Les Anglo-Romains se sont évidemment effacés pour laisser place à Stratford sur Avon au grand Will, puis à la traditionnelle visite d’Oxford et de ses Collèges prestigieux, aux bords verdoyants de la Tamise. Une des dernières haltes a été Saint Albans, alias Verulanium, qui fut la troisième ville de l’Angleterre romaine avant d’être détruite par la reine rebelle Boudicca. Le voyage s’est terminé à Londres, et en particulier au British Museum, section des Antiquités, où, après avoir contemplé les restes du Mausolée d’Halicarnasse, les métopes, les frises et les statues des frontons (arrachées par Lord Elgin au Parthénon), une Cariatide, les bustes d’Homère et de Périclès, nous avons admiré quelques exemples de la statuaire romaine, ce qui a fait dire à Alain Malissard en conclusion que « Rome avait fait parfois aussi bien que la Grèce… »