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Du 18 au 29 août 2004

Toute la Campanie

de Capoue à Paestum

Voyages culturels
 

C’est un groupe de 46 personnes qui a participé à notre voyage en Campanie.

Le premier jour était consacré à la visite du palais des rois de Naples, à Caserte, avec son parc à la belle perspective, puis à la basilique de San Angelo in Formis aux remarquables fresques romanes, enfin à l'ancienne Capoue (aujourd'hui Santa Maria Capua Vetera) avec son amphithéâtre, son petit musée consacré aux jeux du cirque, son rare Mythraeum souterrain.

Les Champs Phlégréens étaient explorés le deuxième jour : les vestiges des villas, des thermes et des temples de Baia, la Saint-Tropez romaine, victime du bradisisme, l'immense Piscina Mirabile de Bacoli, la Solfatare et ses fumerolles, Cumes et l'antre de la Sibylle, enfin l'entrée des Enfers, le lac Averne.

Le troisième jour, départ pour Ravello, par Sorrente et l'admirable côte amalfitaine : visite des villas Rufolo et Cimbrone, aux jardins en balcon sur la Méditerranée.

Paestum était l'objectif du jour suivant.

Retour à Sorrente, d'où nous partons à Pompéi pour une journée entière.

Le lendemain, Capri nous révèle ses splendeurs : la villa Jovis et la villa San Michele. Sur la route de Naples, s'imposent les visites des villas détruites par l'éruption du Vésuve en 79 : villas San Marco, Ariana et surtout l'extraordinaire villa Oplontis aux fresques bien conservées ; puis ascension du volcan, bien endormi actuellement.

Sauf un après-midi consacré à Herculanum, les trois derniers jours ont permis de mieux connaître Naples : tour panoramique par le Pausilippe et Mergellina, exploration des souterrains, visite de Scappanapoli et de ses richesses architecturales, du Musée archéologique national, de la chartreuse de San Martino. Les temps libres ont permis aux uns ou aux autres de compléter par le musée de peinture de Capo di Monte, par le Palazzo Reale ou le Castel Nuovo, par le couvent aux majoliques de Santa Chiara ou encore la chapelle San Severo avec son magnifique Christ voilé.

Le mardi 17 mai 2005, une rétrospective de ce voyage a été présentée sous le titre « Richesses et Beautés de la Campanie ».

Ce commentaire était mêlé de lectures variées allant de Pline l’Ancien à Jean-Noël Schifano, de 200 photographies prises principalement par Claude Viviani, avec le concours de plusieurs participants.

Le but n’était pas de retracer l’itinéraire du voyage au jour le jour, mais de montrer les différentes strates de civilisation dans cette terre sans cesse convoitée et occupée dés la protohistoire. Cette riche région, dont la moitié nord était appelée par les Anciens « Campania felix » a fait partie pendant plus d’un siècle (exactement entre 1734 et 1860, si l’on exclut l’intermède napoléonien) du Royaume des Bourbons (ou des Deux-Siciles) : le monumental palais de Caserte avec son parc et ses fontaines voulu comme une réplique de Versailles en est le symbole.

Après la présentation géographique qui a fait une large part au volcanisme, depuis les Champs Phlégréens jusqu’à la côte amalfitaine magistralement découpée, ce fut un raccourci historique des colonisations successives : d’abord les Étrusques et les Grecs, puis les Samnites; ces deux dernières civilisations coexistent à Paestum, les Samnites dans les peintures de la célèbre Tombe du Plongeur, les Grecs dans l’architectures des trois temples, dont le mieux conservé, attribué d’abord à Poséîdon, aujourd’hui à Héra, évoque le Parthénon avec « l’exacte grandeur dans la juste mesure » (André SUARES).

C’est bien sûr la Campanie romaine qui a fait l’objet d’une longue visite, étant donné l’abondance des vestiges laissés par la catastrophe du 24 août 79 tout au long du golfe de Naples : Capoue et son Mithraeum, l’antre de la Sibylle, près du Lac Averne — une des entrées des Enfers, selon une vieille croyance attestée par Virgile — les ruines de Baïes et la “Piscina mirabile”, Pompéï l’incontournable avec ses « classiques » : les Thermes de Stabies, les fresques de la Villa des Mystères, la Maison du Faune, celle du Lararium, le thermopolium d’Asellia, où « le caupo n’a pas eu le temps de passer le torchon humide pour effacer le rond des gobelets ». Les autres sites moins fréquentés recèlent des trésors hélas ! fragiles, comme la mosaïque de la Maison d’Amphitrite à Herculanum, la Villa San Marco de Stabies, les peintures d’Oplontis et en particulier ce mur où une grive saisissante de réalisme vient becqueter depuis 2000 ans une figue toute fraîche…

Ce sont ces « realia » qui nous émeuvent le plus ; cependant les beautés naturelles ne sont pas en reste, comme ces vues de Capri, où la Villa Jovis de Tibère domine une mer azur et turquoise, ou celles d’Anacapri, où le Docteur Axel Munthe a construit sa thébaïde sous la protection de San Michele, celles de Ravello, lieu magique où la Villa Cimbrone donne la réplique au Palazzo Rufolo qui enchanta Wagner.

Naples, « théâtre permanent de l’Italie », a été la dernière étape de la promenade campanienne, avec les richesses inépuisables du Musée Archéologique National, les souvenirs des Rois Angevins, ses chefs d’œuvre baroques (surtout l’église Santa Chiara, la Chapelle San Severo et l’inoubliable Christ voilé de Sammartino), les ruelles pittoresques du Vieux Naples : « Spaccanapoli », ses jardins suspendus, ses Vierges naïves, ses échoppes multicolores, une cité populaire où l’on sent battre « le cœur mis à nu de la ville aux palpitations antiques… »