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Du 18 au 28 avril 2001
 

 En Crête et à Santorin

Voyages culturels
 

Comme à l’accoutumée, ce voyage s’est effectué sous la conduite de notre président Alain Malissard.

Le programme était le suivant :

  • Crête : musée archéologique de la Chanée ; site romain d’Aptera ; presqu’île de l’Akrotiri ; monastère d’Aghia Triada ; monastère de Gouverneto ; nécropole d’Armeni ; Rethymnon ; musée d’Héraklion.
  • Santorin : site d’Akrotiri ; Pyrgos ; musée archéologique de Fira ; site archéologique de l’ancienne Thera.
  • Crête : sites de Gortys, Aghia Triada et Komos ; Phaestos ; nécropole de Fourni ; site de Vathipetro ; musée d’Archanes ; palais de Knossos ; sites de Nirou Xani et de Malia; plateau de Lassithi ; monastère de Panaghia Kera ; monastère de Toplou ; site de Kato Zakros ; musée d’Aghios Nikolaos ; église de Panaghia Kera à Kritsa ; site dorien de Lato.

Le mardi 14 mai 2002 a été présentée une rétrospective de ce voyage sous le titre « La Crète, de Minos à Kazantzakis ».

Alain Malissard, Gérard Lauvergeon et André Lingois ont commenté les photographies de Pierre Navier prises au cours de la visite de la Crète d'ouest en est, avec une incursion à Santorin. Comme à l'accoutumée, les séquences historiques et archéologiques étaient séparées par des commentaires géographiques et les lectures.

Après une vue générale de la  « terre de Crète aussi belle que riche », avec ses montagnes arides, lieu de la naissance mythique de Zeus, fut abordé le point essentiel : la période minoenne, qui recouvre presque deux millénaires, dont les traces sont visibles aussi bien dans les grands palais comme Knossos, Mallia, Phaistos ou Haghia Triada que dans des lieux moins connus : Archanes, Vathipetro, Nirou Chani ou Kommos. Sans négliger les éléments architecturaux, dont la reconstitution est jugée parfois excessive comme à Knossos, M. Malissard a insisté sur les témoignages recueillis dans les musées, principalement à Héraklion et à Haghios Nikolaos, que ce soient des vases, de petits objets ou des pièces d'orfèvrerie comme le célèbre pendentif aux abeilles. Tout aussi célèbres sont ces poteries décorées de poulpes ou de fleurs dont s'enchantait Jacques Lacarrière ou ce vase des moissonneurs d'Haghia Triada ou cette déesse aux serpents ou encore ce rhyton en forme de tête de taureau, souvenir du Minotaure qui hanta l'imagination des poètes.

Des Minoens, nous sommes passés à Santorin, en suivant la chronologie, car ces deux civilisations ont dû disparaître à peu près à la même époque, à la suite de l'éruption du volcan de Théra, prélude à la formation de la « caldeira », le chaudron entouré de falaises sombres sous la crête desquelles s'alignent des villages d'une blancheur africaine.

Revenus dans la grande île crétoise et franchissant les siècles, nous avons visité le site dorien de Lato, dont il reste « des vestiges écartelés entre les flancs d'un paysage abrupt et splendide », puis celui de Gortyne, dont les restes les plus anciens, les « lois", demeurent au milieu d'une ville romanisée, promue au rang de capitale, puis devenue siège d'un évêché byzantin.

L'époque byzantine fut donc l'avant-dernière étape, longue étape puisqu'elle va historiquement de 395 à 1204 et se prolonge artistiquement jusqu'à l'époque moderne, malgré la domination turque. La Crète se couvre alors de monuments religieux, comme l'église de la Panaghia Kera à Kritsa avec ses peintures murales du XIVe siècle, le monastère de Kera Kardiotissa à l'orée du Lassithi, et celui de Toplou, le plus riche en icônes, dont le chef- d'oeuvre est le tableau « Megas ie Kyrie » que Ioannis Kornaros a peint au XVIIIe siècle. Même la domination ottomane, souvent mal vécue, et dont on voit les traces dans des villes comme La Canée et Rhétymnon, n'a jamais réussi à entamer les traditions de la foi orthodoxe ; l'Église a toujours préservé la langue et la culture grecques, avec cependant un caractère crétois original. C'est cette originalité que revendiquait Kazantzakis : « Une humanité nouvelle s'est mise à vivre… différente de la Grèce, toute faite d'agilité, de grâce et de raffinement oriental ».