Logo Budé Orléans

Samedi 6 et dimanche 7 juin 1998

 

Excursion littéraire :

Le Mâconnais de Lamartine

Excursions littéraires
 

Le point de ralliement était, bien entendu, Mâcon, où nous avons vu — faute de trouver la maison natale de l’écrivain, inutilement rasée en 1970 — les deux demeures de famille, avant de visiter le Musée lamartinien, installé dans l’Hôtel de Senecé, siège de l’Académie locale (dont Lamartine fut le plus jeune membre).

Le reste de l’après-midi a été consacré — outre un arrêt devant la maison de Milly, source d’un poème célèbre et de fort belles pages des Confidences — à la visite du château de Saint-Point, que Lamartine fit aménager après 1835 dans le style troubadour ;  ce fut une visite pittoresque, animée par une jeune guide qu’on aurait crue élevée dans l’intimité du poète?

D’autres sites lamartiniens étaient au programme du dimanche matin:  Monceau, que nous avons pu voir « de la cave au grenier », grâce à l’amabilité du maître de céans, en l’occurrence l’administrateur de la fondation Ozanam, propriétaire des lieux;  l’admirable chapelle romane des moines de Berzé-la-Ville ; le château de Pierreclos, fièrement planté au milieu des vignes et fort bien restauré, avec ses vénérables celliers voûtés où la propriétaire nous a offert un Mâcon blanc que n’eût pas désavoué le jeune François Dumont, qui fut l’intendant du comte (et l’amant d’une de ses filles), avant de devenir le desservant de la paroisse de Bussières? et d’être immortalisé dans Jocelyn.

Après le déjeuner à Cluny — excellemment servi dans le beau cadre de l’Ermitage, que fréquenta François Mitterrand — le groupe est allé au château de Cormatin, où habita Ninon de Pierreclau, avec laquelle Lamartine eut un fils, et où naquit plus tard Jacques de Lacretelle. Notre circuit s’acheva par Chapaize et une route serpentant jusqu’à Tournus, où l’on évoqua une dernière fois notre grand homme, qui aurait pu avoir le destin d’un Vaclav Havel et qui s’est épuisé à des « travaux forcés » littéraires, ruiné en quelque sorte par son attachement à la terre.

Au fur et à mesure de notre promenade, nous l’avons senti proche de son terroir, proche des humbles, proche de nous-mêmes, dans une familiarité toute de sympathie. Selon le mot de conclusion de notre président : « Nous étions partis avec Lamartine ; nous sommes revenus avec Alphonse ! »