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Dimanche 4 juin 1989

Excursion littéraire :

au pays de Racan

Excursions littéraires
 

Sous la conduite attentive et érudite de M. Jean Nivet, l’excursion nous a conduits entre Touraine et Vendômois.

Honorat de Bueil, seigneur de Racan (1589-1670), appartenait à la très ancienne famille de Bueil dans l’ancêtre illustre fut Jean de Bueil qui participa à de nombreux combats de la guerre de Cent Ans et qui fut un compagnon de Jeanne d’Arc. Ce Jean de Bueil (1406-1477) a donné une image des entreprises militaires du XVe siècle dans Le Jouvencel, « un roman militaire plein de vie et de vérité sous couleur de la fiction » (Ph. Contamine).

Racan, lui, vécut pendant longtemps dans l’ombre de Malherbe dont il fut à la fois le disciple et le complice en « friponneries ».

Jeune officier, amoureux de Catherine de Termes dont il fera (par anagramme) la belle Arthénice de sa célèbre pastorale Les Bergeries, nonchalant dans son travail aussi bien qu’en amour, Racan fut surtout pour ses contemporains un éternel maladroit, un sympathique étourdi dont Tallemant des Réaux se plaît à raconter les multiples « distractions ».

Son amour pour son domaine tourangeau de La Roche-au-Majeur lui donnait souvent l’envie de tout quitter pour se retirer sur ses terres, sentiment qui est à l’origine de son chef-d’oeuvre, les Stances sur la Retraite. Il garda pourtant de nombreux contacts avec les milieux littéraires parisiens, fut élu à l’Académie et eut le bonheur de voir ses talents et ceux de Malherbe reconnus par la nouvelle génération, celle des Boileau et des La Fontaine.

L’itinéraire nous a menés près de Château-la-Vallière aux ruines du château féodal de Vaujours (le château de Jean de Bueil), puis à Aubigné-Racan, près du Lude, au manoir de Champmarin, la maison natale de Racan, qui fut la demeure du professeur Louis Arnould, le dernier spécialiste du poète.

Au début de l’après-midi, nous avons été accueillis par M. Brakers de Hugo dans le château de La Roche-Racan (alias La Roche-au-Majeur), construit par un « maître-maçon » local, Jacques Gabriel, père et grand-père des plusieurs illustres architectes.

Le circuit s’est achevé par la visite des églises du canton : les ruines de l’abbaye de la Clarté-Dieu dans un site agreste, l’église de Saint-Paterne-Racan (avec ses retables où l’on pense voir les visages de Racan et de son épouse), les deux églises de Bueil-en-Touraine, curieusement accolées, où l’on a admiré les sépultures de la famille, et, pour finir, l’église de Neuvy-le-Roi où est enterré Racan.