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samedi 4 juin 2016

Excursion en Indre-et-Loire : Descartes et Richelieu

Excursions littéraires

 

À Descartes, nous avons été accueillis par Mme Sylvie Pouliquen qui s'est chargée, au cours de la matinée, de nous présenter trois personnalités de la ville : le philosophe René Descartes, le romancier René Boylesve et le compositeur René de Buxeuil.

C'est dans la maison où Descartes a passé son enfance, élevé par sa grand-mère, qu'a été installé un "musée d'interprétation" dont Mme Pouliquen est l'animatrice. Grâce à un judicieux matériel pédagogique, grâce à des citations affichées sur les murs, il est possible d'évoquer moins l'enfance de Descartes à La Haye – dont on sait finalement peu de choses – que l'ensemble de sa vie, de son oeuvre et de sa pensée. A l'issue d'un parcours très éclairant dans les différentes pièces de la maison, on termine par une salle qui, donnant un panorama de la philosophie en général, permet de situer Descartes parmi les autres grands penseurs.

Ensuite fut évoqué René Boylesve, nom de plume pris par René Tardiveau, un écrivain bien oublié aujourd'hui, mais qui eut quelque célébrité en son temps, en particulier grâce aux récits qui s'inspirent de son enfance Le médecin des dames de Néans, Les Bonnets de dentelle, La Becquée et L'Enfant à la balustrade. On ne put aller jusqu'au domaine de la Barbotinière, peu accessible, mais, au cours d'une promenade dans la petite ville, on s'arrêta successivement devant la maison natale de Boylesve, devant la fameuse "maison à la balustrade" et ses jardins, devant la statue de Descartes (devenue, dans le roman, une statue de Vigny), devant les deux églises Saint-Georges et Notre-Dame, pour terminer dans le jardin public.

De là, on a pu apercevoir, de l'autre côté de la Creuse, à Buxeuil, la "maison Plancoulaine", qui compta beaucoup dans la vie du jeune Boylesve. Ce fut aussi l'occasion de présenter, devant son buste orné d'une lyre, Jean-Baptiste Chevrier qui, afin d'être "le troisième René après Descartes et Boylesve", prit le pseudonyme de René de Buxeuil. Le jeune Jean-Baptiste – dont les parents tenaient le café sur la place de l'Hôtel-de-Ville – perdit accidentellement la vue à l'âge de 11 ans, ce qui l'amena à Paris, à l'Institut National des jeunes Aveugles où il apprit la musique, amorce d'une carrière de chansonnier-compositeur avec des chansons telles que Ferme tes jolis yeux, Ô mon Morvan, etc.

Après un agréable déjeuner à l'auberge de Lilette à Buxeuil, le cap fut mis vers l'ouest pour découvrir le domaine de la famille de Richelieu que le cardinal mégalomane avait transformé en un ensemble impressionnant comprenant un vaste château, un parc immense et même une petite ville au plan géométrique. On parcourut les rues de cette ville, bien améliorée depuis la visite qu'y fit Julien Gracq qui fut choqué par son délabrement et "la mesquinerie sordide de l'habitat moderne". On s'arrêta dans un "Espace Richelieu" où il a été possible de comprendre, grâce à des projections et une scénographie interactive, ce que fut ce château aujourd'hui disparu. Ensuite, le temps manquant, on ne put aller dans le parc sur l'emplacement de ce qui fut, au XVIIe siècle, un joyau d'architecture abritant une foule d'oeuvres d'art. Mais, sur la route du retour, la lecture de textes en vers et en prose de Desmarets de Saint-Sorlin, de Benjamin Viguier et de La Fontaine a permis de restituer par l'imagination ce vaste ensemble dont les Orléanais avaient déjà une bonne idée grâce à une exposition présentée dans leur Musée en 2011.