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Dimanche 10 juin 2001

 

Excursion littéraire : George Sand et

Maurice Rollinat dans la Creuse

Excursions littéraires
 

À Argenton — la « Venise du Berry » décrite par Alexandre Dumas dans le Docteur mystérieux — nous attendait notre guide, M. Régis Miannay, spécialiste de Rollinat et amoureux de cette région que George Sand a comparée à une « Arcadie dans toute la force du mot ».

Le premier arrêt a eu lieu à Bel-Air (hameau de Buret, commune de la Prune-au-Pot), qui fut la maison des champs où François Rollinat « venait prendre un bain de verdure / de poésie et de santé » et où Maurice est venu se réfugier.

Après une halte à Ceaulmont, d’où l’on découvre, au chevet d’une église rustique, un superbe panorama sur la Creuse, auquel répond, sur l’autre rive, celui de la Croix-des-Chocats, nous avons atteint le village de Gargilesse, « où les maisons se groupent autour de l’église et du château, plantés sur le rocher central, jusque vers le lit d’un délicieux petit torrent ». Divisés en deux groupes, les budistes ont visité l’église Notre-Dame — célèbre par ses chapiteaux et par sa partie souterraine ornée de peinture murales du XVIe siècle, les plus belles, du XIIIe siècle, ayant été miraculeusement retrouvées en 1961 — ainsi que la « villa Algira », où George Sand fit de fréquents séjours entre 1857 et 1864. Cette modeste maisonnette — aujourd’hui aménagée en musée par la petite-fille de Maurice Sand — avait été achetée par le graveur Manceau, secrétaire et amant de la « dame de Nohant » qui y trouva la paix, le silence et? les fameuses omelettes aux écrevisses de l’auberge Malesset.

C’est justement dans ce lieu, devenu Hôtel des Artistes, maison de bonne réputation, que nous avons déjeuné fort agréablement avant de remonter le cours de la Creuse. Près de Pont-de-Piles, d’où l’on aperçoit les ruines de Châteaubrun, fut évoqué le roman de George Sand Le Péché de Monsieur Antoine.

Le point extrême de notre excursion était le village de Fresselines, où Rollinat se retira après sa rupture avec le monde parisien, mais où il continua à recevoir des amis. En 1889 y est venu le peintre Monet, séduit par le site « d’une sauvagerie terrible » ; et d’autres peintres — sans doute moins célèbres, mais fort estimables, comme Armand Guillaumin — ont séjourné dans cette région, si bien qu’on a pu parler d’une « école de Crozant ».

Notre dernière visite fut pour « ce vieux château bâti par les Wisigoths sur des rocheux affreux au confluent de la Creuse et de la Sédelle », selon les termes de George Sand, qui adorait ce lieu. Mais l’autre amoureux de cette belle rivière, le poète des Brandes et du Livre de la Nature, n’en a pas été oublié pour autant : sur le chemin du retour, M. Régis Miannay nous en lut de fort belles pages…