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Dimanche 28 mai 2000

 

Excursion : quelques aspects

de l’Essonne littéraire

Excursions littéraires
 

Cette promenade, organisée et dirigée par notre vice-président M. Jean Nivet, invitait les budistes à découvrir quelques sites littéraires aux alentours d’Étampes et Dourdan.

La première étape fut Méréville où nous attendaient nos guides pour la matinée : M. Jacques Gélis, président de l’association Étampes-Histoire, M. Bernard Binvel, président de la Société historique et archéologique du canton de Méréville, et Mme Raymonde Autier-Lejosne, professeur de lettres.

Après avoir évoqué Jean-Louis Bory qui décrivit Méréville dans Mon village à l’heure allemande et Une vie de château, après avoir rappelé les séjours que fit Blaise Cendrars au hameau de Courcelles, le groupe entreprit une lente déambulation dans les restes du parc que le marquis de Laborde avait acheté en 1784 pour le faire aménager « à l’anglaise » en l’agrémentant de « fabriques » chères à Hubert Robert. Et là, devant le château et sur les bords de la Juine, on put, par la lecture de quelques textes, faire revivre le souvenir des amours de Chateaubriand et de Natalie de Laborde. Cette visite de Méréville a été complétée par celle du domaine de Jeurre où, entre 1895 et 1900, un certain M. de Saint-Léon, grand prix de Rome, qui s’était porté acquéreur des fabriques de M. de Laborde, les fit réédifier dans son parc.

La route à travers le Hurepoix que l’on parcourut l’après-midi — après un déjeuner à l’Hostellerie de Villemartin — se révéla particulièrement riche en souvenirs littéraires ; et l’on évoqua successivement, à Étampes, Geoffroy Saint-Hilaire, à Dourdan, Regnard et Péguy, à la fontaine de la Rachée, Sainte-Beuve, à Saint-Chéron, enfin, Chrétien-François de Lamoignon qui recevait Boileau et bien d’autres amis en son domaine de Bâville.

Un autre parc nous attendait, celui du château du Marais, une belle demeure de la fin du XVIIIe siècle qui connut à deux reprises des heures de gloire, d’abord avec la vicomtesse de la Briche, belle-soeur de Madame d’Houdetot, qui y invita Chateaubriand avec Pauline de Beaumont, puis, à la Belle Époque, avec le célèbre dandy Boniface de Castellane

La dernière visite fut pour le moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines. Cette bâtisse, alors un peu à l’abandon, avait été achetée en 1951 par Louis Aragon et Elsa Triolet. Ayant eu le coup de foudre pour ce « désert », ils ont transformé cinq hectares de terres en un « décor d’eaux et d’arbres » et ont fait du vieux moulin, selon le mot de Jean-Louis Barrault, « un lieu inoubliable », un lieu qu’Aragon, à sa mort, légua « à la nation française, quelle que soit la forme de son gouvernement ». Et la visite s’est achevée devant la tombe commune, « le grand lit à deux places », où l’on entend encore la sarabande de Bach jouée par Rostropovitch à l’enterrement d’Elsa, le 16 juin 1970.