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Mardi 7 mars 2017

Mais où sont passés
les Indo-Européens
?

entretien entre
Jean-Paul DEMOULE
archéologue et historien, professeur à Paris-I et
Gabriel BERGOUNIOUX
docteur en linguistique, prof. à l’Université d’Orléans


Association orléanaise Guillaume-Budé

 

Jean-Paul Demoule est professeur de protohistoire à la Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France. Très tôt habité par la vocation d’archéologue, il s’intéresse particulièrement aux problèmes de prévention en matière de patrimoine. Cette forme d’archéologie dite de sauvetage consiste à détecter et à étudier les vestiges susceptibles d’être détruits par des travaux d’aménagement du territoire. Dans ce but il a participé à la création de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) qu’il a présidé de 2001 à 2008.

Ses travaux portent sur les sociétés de l’âge de fer, et l’histoire de l’archéologie sous toutes ses formes. Parmi sa riche bibliographie figurent en effet : La Révolution néolithique en France (2007), L’Avenir du passé : modernité de l’archéologie (2008), La fabrique de l’archéologie (2009), On a retrouvé l’histoire de France : Comment l’archéologie raconte notre passé (2012). Jean-Paul Demoule ne déteste pas les titres provocateurs, voire iconoclastes. Parmi eux l’essai qui fit du bruit en 2014 et lui valut la virulence de certains courants de pensée de la Nouvelle Droite : Mais où sont passés les Indo-Européens ? Sous-titré « le Mythe d’origine de l’Occident », il  présente les théories relatives à l’existence d’un peuple proto-européen dont la langue serait l’origine unique des différents idiomes indo-européens.

Cet  ouvrage sera l’objet de la rencontre du 7 mars. L’auteur y évoque donc ces prétendus ancêtres, petit peuple conquérant qui, voilà des millénaires, auraient pris le contrôle de l’Europe et d’une partie de l’Asie jusqu‘à l’Iran et l’Inde, fondant ainsi les bases des actuelles langues romanes, slaves, indiennes, celtiques, baltes, sans compter l’arménien et le grec. Mais de tels envahisseurs ont-ils existé ? Jean-Paul Demoule s’attaque à la racine du mythe et surtout à ses détournements. Il démontre comment l’archéologie ne saurait valider semblable thèse, aussi bien sur le plan géographique que linguistique, voire biologique.

C’est sous forme d’entretien avec Gabriel Bergounioux, professeur de linguistique à l’université d’Orléans, que l’auteur présentera d’autres modèles, plus complexes et constructifs, afin d’expliquer les ressemblances entre les langues. L’échange promet d’être fructueux. En effet, son interlocuteur Gabriel Bergounioux est parallèlement à sa fonction professorale, directeur du Laboratoire ligérien de Linguistique (Universités de Tours & Orléans, BnF, CNRS). Ses travaux l’orientent vers l’histoire de la linguistique, la phonologie, et la sociolinguistique. Parmi ses plus récentes publications, figurent pour 2015 Phonologies contemporaines (dir. avec T. Scheer), et en 2016 Jean Zay. Invention, reconnaissance, postérité (dir. Avec P.Allorant et P. Cordereix), et Linguistique de corpus. Une étude de cas.

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