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DIVERS

 


UNE HAMADRYADE SORT DU TRONC D'UN CHÊNE QUI VIENT D'ÊTRE FENDU EN DEUX

Une hamadryade est une nymphe qui vit dans le tronc d'un chêne et qui meurt avec lui.

Léon COGNIET (1794-1880), Hamadryade, vers 1835
Le MBAO possède une réplique réduite et deux esquisses

CALLIMAQUE, Hymne à Délos
  Asope les suivit, mais de loin, d'un pas tardif et tout fumant encore des coups de la foudre ; et l'indigène Mélie, épouvantée de voir l'Hélicon secouer sa verte chevelure, quitta ses danses, pâlit et trembla pour son chêne. O Muse ! O ma déesse ! les Nymphes en effet sont donc nées avec les chênes ? Les Nymphes du moins se réjouissent quand la rosée ranime les chênes, et les Nymphes pleurent quand les chênes dépouillent leur feuillage.
APOLLONIUS DE RHODES, II, Histoire de Parébius
  Cependant il était innocent, mais le sort qui l'affligeait était la punition d'un crime que son père avait commis. Celui-ci, coupant un jour des arbres sur une montagne, une Nymphe Hamadryade, faisant entendre une voix lugubre, le conjura en pleurant d'épargner un chêne avec lequel elle était née et où elle avait toujours fait sa demeure. Insensible à ses prières, et emporté par l'ardeur d'une jeunesse imprudente, il abattit l'arbre qu'il aurait dû respecter. La Nymphe irritée rendit inutiles et ses travaux et ceux de ses enfants.


Pour comparaison:
Le Bûcheron et l'Hamadryade Aïgeïros, par Émile Bin (1870).


OEDIPE, AVEUGLE, ET SA FILLE ANTIGONE S'EXILENT DE THÈBES POUR SE RÉFUGIER À COLONE

Quand il a découvert qu'il s'est rendu coupable de parricide et d'inceste, Oedipe s'est crevé les yeux. Devenu un objet de scandale, chassé par ses fils Étéocle et Polynice, il quitte Thèbes, ravagée par la peste. Il est guidé par Antigone, la fille qu'il a eue avec sa propre mère, Jocaste. Il se dirige vers Colone, près d'Athènes, sur la foi d'une prophétie d'Apollon qui lui a prédit qu'il y connaîtrait enfin le repos et qu'en mourant là il apporterait un grand bienfait à ceux qui l'auraient accueilli et un grand malheur aux Thébains qui l'auraient exilé.

Eugène-Ernest Hillemacher (1818-1887), Oedipe et Antigone s'exilant de Thèbes, 1843

A la fin de Oedipe-Roi, Oedipe demande à quitter Thèbes. Il peine surtout à quitter ses deux filles, dont on veut le séparer.
La tragédie Oedipe à Colone, de Sophocle, commence au moment où Oedipe et Antigone arrivent près d'Athènes. Début de la pièce : "Fille d'un vieillard aveugle, Antigone, dans quels lieux, dans quelle ville sommes-nous arrivés? Qui voudra en ce jour accueillir avec les dons de la pitié l'errant Oedipe, demandant peu, obtenant moins qu'il ne demande, et encore satisfait? Car les souffrances , une longue vieillesse et mon courage m'ont appris à me résigner. O ma fille, si tu aperçois quelque siège dans un lieu profane ou dans un bois sacré, fais-y arrêter et reposer ton père, afin que nous nous informions du lieu où nous sommes."


Pour comparaison :

Charles Jalabert (1818-1901), Oedipe et Antigone, 1842, MBA de Marseille


DANS L'OLYMPE, DIANE ET APOLLON ASSISTENT À UNE RONDE D'ENFANTS MENÉS PAR AMOUR

 

Hendrick de Clerck (1570-1629), Diane et Apollon assistent à une ronde de petits enfants que fait danser l'Amour

Artémis et Apollon semblent en lévitation au-dessus de la ronde d'enfants conduite par Éros. Apollon, dieu de la lumière solaire et des arts, joue du violon, tandis que sa soeur Artémis, déesse de la chasse, accoudée sur la jambe de son frère, s'abandonne au spectacle


HERCULE ÉPOUSE HÉBÉ DANS L'OLYMPE

Hébé était fille de Jupiter et de Junon. Jupiter, charmé de la beauté de sa fille, la nomma déesse de la jeunesse, et lui confia la fonction de servir à boire à la table des dieux. Mais un jour qu'elle s'était laissée tomber d'une manière peu décente Jupiter lui ôta son emploi pour le donner à Ganymède. Cependant Junon, sa mère, la retint à son service, et lui confia le soin d'atteler son char. Plus tard, Hercule, devenu immortel et ayant pris place parmi les dieux, épousa Hébé dans le ciel, et eut de cette déesse une fille, Alexiare, et un fils, Anicetus. On la représente couronnée de fleurs, avec une coupe d'or à la main.

Laurent BLANCHARD (1762-1819), Le mariage d'Hercule et d'Hébé (1804)

HOMERE, Odyssée, XI, 602-604 : "Héraclès séjourne en personne parmi les Immortels, dans la joie des festins. Du grand Zeus et d'Héra aux sandales dorées il possède la fille, Hébé aux chevilles bien prises."

HÉSIODE, Théogonie, 950 : "Et le robuste fils d'Alcmène aux beaux pieds, lui, Héraclès le Fort, épousa Hébé, après ses terribles travaux. Il épousa cette fille du grand Zeus et de Hèra aux sandales dorées, Hébé, la chaste déesse, dans l'Olympe neigeux. Heureux, après avoir accompli d'illustres actions, il habite parmi les dieux, immortel à l'abri de la vieillesse."


LES ENFANTS D'UN VIEILLARD MALADE FONT UNE OFFRANDE À ESCULAPE

Asclépios / Esculape est le dieu gréco-romain de la médecine. Il est mentionné dans l'Iliade comme "guérisseur sans reproche" (IV, 194) se servant des remèdes du centaure Chiron (IV, 219); il a deux fils, eux aussi bons guérisseurs, Podalire et Machaon (II, 732). Son attribut est un bâton autour duquel s'enroule une couleuvre.

Pierre-Narcisse GUÉRIN (1774-1833, L'Offrande à Esculape (1803),
esquisse du tableau définitif au musée des Beaux-Arts d'Arras

Ses trois enfants invitent leur père malade à s'approcher d'une statue d'Esculape afin que son contact lui apporte la guérison.
Le fait que le serpent mange les mets qui lui ont été offerts prouve que le dieu est favorable.

Le tableau du musée d'Arras


POLLUX IMPLORE ZEUS DE CONFÉRER L'IMMORTALITÉ À SON FRÈRE CASTOR

Tyndare avait deux frères, Apharée et Leucippos. Leucippos avait deux filles, Phoebé et Hilaera. Apharée avait deux fils, Idas et Lyncée. Ceux-ci étaient fiancés aux deux filles de Leucippos, leurs cousines. Le jour du mariage, Castor et Pollux enlevèrent les deux jeunes filles et ils en eurent des enfants. Idas et Lyncée, qui avaient accepté ce rapt de leurs fiancées, montèrent avec Castor et Pollux une expédition destinée à voler du bétail en Arcadie. Au moment du partage du butin, il y eut une violente dispute à l'issue de laquelle Castor fut tué par Idas et Lyncée fut tué par Pollux, blessé. Zeus intervint alors : il foudroya Idas et enleva Pollux au ciel, lui offrant l'immortalité. Mais Pollux ne voulut pas accepter si son frère Castor restait aux Enfers. Alors Zeus décida qu'ils pourraient demeurer chacun un jour sur deux parmi les dieux.

Jean-Baptiste Marie PIERRE (1714-1789), Castor et Pollux arrivant dans l'Olympe

Les deux frères, Castor et Pollux, arrivent dans l'Olympe devant Zeus, sous les yeux de Mercure et des autres dieux.
Zeus leur permettra d'y venir chacun leur tour un jour sur deux.

PINDARE, Néméenne X, str. 4.
Μεταμειβόμενοι δ᾽ ἐναλλὰξ ἁμέραν τὰν μὲν παρὰ πατρὶ φίλῳ Δὶ νέμονται, τὰν δ᾽ ὑπὸ κεύθεσι γαίας ἐν γυάλοις Θεράπνας, πότμον ἀμπιπλάντες ὁμοῖον· ἐπεὶ τοῦτον, ἢ πάμπαν θεὸς ἔμμεναι οἰκεῖν τ᾽ οὐρανῷ, εἵλετ᾽ αἰῶνα φθιμένου Πολυδεύκης Κάστορος ἐν πολέμῳ. Τὸν γὰρ Ἴδας ἀμφὶ βουσίν πως χολωθεὶς ἔτρωσεν χαλκέας λόγχας ἀκμᾷ. Ils passent tour à tour un jour près de Jupiter leur père chéri, un autre jour, sous les cavernes de la terre, dans les tombeaux de Thérapné, et partagent le même sort. En effet, Pollux aima mieux cette destinée que d'être entièrement dieu et d'habiter le ciel, après que Castor eut péri dans un combat. Car Idas, en courroux pour certains bœufs, le perça d'un coup de sa lance d'airain.
Chants Cypriens, Cycle troyen, Stasinos, c
ἐν τούτωι δὲ Κάστωρ μετὰ Πολυδεύκους τὰς Ἴδα καὶ Λυγκέως βοῦς ὑφαιρούμενοι ἐφωράθησαν. καὶ Κάστωρ μὲν ὑπὸ τοῦ Ἴδα ἀναιρεῖται, Λυγκεὺς δὲ καὶ Ἴδας ὑπὸ Πολυδεύκους. καὶ Ζεὺς αὐτοῖς ἑτερήμερον νέμει τὴν ἀθανασίαν. Pendant ce temps Castor et Pollux sont capturés alors qu'ils volaient le troupeau d'Idas et Lyncée. Puis Castor est tué par Idas ; Lyncée et puis Idas sont à leur tour tués par Pollux. Puis plus tard Zeus rend immortels [Castor et Pollux] un jour sur deux.

HIPPOLYTE, ACCUSÉ PAR PHÈDRE D'AVOIR VOULU LA VIOLENTER, SE DÉFEND DEVANT THÉSÉE

Thésée a eu de son épouse Antiope un fils, Hippolyte. A la mort d'Antiope, il épouse Phèdre, la fille de Minos et de Pasiphaé. Mais Hippolyte honore Artémis et méprise Aphrodite. Cette dernière, pour se venger, suscite chez Phèdre une passion coupable pour son beau-fils Hippolyte. Phèdre s'offre à Hippolyte qui la rejette. Par vengeance et craignant qu'Hippolyte ne révèle tout à son père, elle accuse le jeune homme d'avoir cherché à la violenter.

Pierre-Narcisse GUÉRIN (1774-1833), Phèdre et Hippolyte

Pierre-Narcisse Guérin, Phèdre et Hippolyte, Musée du Louvre

Hippolyte, revenant de la chasse, vient d'être accusé et se défend de cette accusation. Thésée semble abattu par la nouvelle, mais son poing fermé laisse deviner qu'il prépare sa vengeance. Phèdre, effondrée sur son siège, le regard perdu, semble soumise à son destin : elle n'est qu'un simple jouet entre les mains d'Aphrodite qui lui a insufflé cette passion pour Hippolyte dans le but de se venger du dédain de celui-ci pour l'amour et du culte qu'il rend à sa rivale Artémis. Elle est aussi sous l'influence de sa nourrice Oenone qui lui parle à l'oreille.

Furieux, Thésée va appeler sur son fils la malédiction de Poséidon : un monstre marin va effrayer les chevaux du char d'Hippolyte qui périra, le long des rochers. Phèdre, de chagrin et de remords, se pendra.


DEUX PAYSANS ACCOMPAGNÉS D'UNE NAÏADE DEMANDENT À SILÈNE DE CHANTER

Silène, le satyre, était obèse et laid. Toujours ivre, il fallait le contraindre à parler et à chanter. Il apparaît chez Ovide et chez Virgile.
Dans OVIDE (Métamorphoses, X, 90), des paysans phrygiens trouvent le vieux Silène ivre; ils l'enchaînent avec des guirlandes de fleurs avant de le conduire de force au roi Midas : "Titubantem annisque meroque / ruricolae cepere Phryges vinctumque coronis / ad regem duxere Midan"
Dans VIRGILE, deux jeunes garçons (pueri) trouvent Silène dans son antre, ivre près d'un vase à boire (cantharus). Pour le contraindre à chanter ils jouent à l'attacher avec des guirlandes de fleurs. La Naïade Églé leur vient en aide. Silène accepte de bonne grâce de chanter, tout en promettant à la belle Églé une récompense d'un autre genre.

Anonyme, L'Ivresse de Silène, huile sur toile

Le tableau d'Orléans ne représente exactement ni l'une ni l'autre scène. Les deux jeunes garçons de Virgile sont remplacés par les paysans phrygiens d'Ovide. La Naïade Églé est là. Une femme est accompagnée de quatre enfants, dont l'un urine (comme dans les Andriens de Rubens), un autre mange des raisins; cette femme est sans doute son épouse, car Silène eut plusieurs enfants, en particulier les Silènes, des génies des forêts aux oreilles velues et aux pieds de cheval, qui seront de grands coureurs de nymphes.

VIRGILE, Bucoliques, VI, 13-26

Chromis et Mnasylus in antro
Silenum pueri somno videre jacentem,
inflatum hesterno venas, ut semper, Iaccho!
Serta procul tantum capiti delapsa jacebant,
et gravis attrita pendebat cantharus ansa.
Adgressi – nam saepe senex spe carminis ambo
luserat – iniciunt ipsis ex vincula sertis.
Addit se sociam timidisque supervenit Aegle,
Aegle, Naiadum pucherrima; namque videnti
sanguineis frontem moris et tempora pingit!
Ill dolum ridens: "Quo vincula nectitis?" inquit.
"Solvite me, pueri; satis est potuisse videri.
Carmina quae voltis, cognoscite; carmina vobis, huic aliud mercedis erit!"

Chromis et Mnasyle, de jeunes garçons, virent dans son antre Silène, allongé sous l'effet du sommeil, les veines enflées, comme toujours, des vapeurs d'un Iacchus de la veille! À part gisaient des couronnes, qui venaient de glisser de sa tête, et sa lourde coupe à l'anse usée pendait. L'ayant assailli (car souvent le vieillard s'était joué des deux à cause de leur espoir d'un chant), ils jettent sur lui des liens tirés des couronnes mêmes. À eux s'associe Églé, elle vient à l'aide des garçons peureux, Églé, la plus belle des Naïades; et de fait, alors qu'il la voit, elle lui barbouille le front et les tempes de sanglantes mûres! Lui, riant de leur ruse, dit: "Pourquoi nouez-vous ces liens? Déliez-moi, garçons, c'est assez que de sembler avoir pris le dessus. Apprenez les chants que vous voulez; pour vous il y aura des chants, pour elle un autre genre de récompense!"

UNE NYMPHE CHASSERESSE

Léon COGNIET (1794-1880), Nymphe chasseresse, 18019


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